‹ Histoire de la littérature, françaiseChapitre 109 sur 323 · III. - HI'"'^ de Sévigné (l62«-ie · texte numérisé non relu

III. - HI'"'^ de Sévigné (l62«-ie

Vie. — Marie de Rabutin-Chantal est née à Paris, le 5 février 1626. Sa grand'mère paternelle était cette sainte Chantai qui abandonna le monde pour fonder à Annecy l'ordre de la Visitation. Sa mère se nommait Marie de Coulanges. — La petite Marie de Rabutin perdit de bonne heure son père, tué en 1627, dans un combat contre les Anglais; et, six ans après, sa mère. Elle fut alors confiée à son grand-père et a sa grand'mère maternels, M. et M'"*' de Coulanges; mais celle-ci étant morte, suivie de près par son mari, la tutelle de l'enfant passa au second de leurs fils, l'abbé de Coulanges, celui qu'elle a appelé le Bien Bon. L'abbé, qui résidait à Livry, prit tout à fait au sérieux l'éducation et l'instruction de sa pupille. Il lui donna les meilleurs maîtres, entre autres Chapelain, qui passait pour un esprit critique éminent, et Ménage, qui « savait du grec autant qu'homme de France ». Mais c'est le latin seulement que Ménage enseigna à son élève, et fort bien, avec l'espagnol et l'italien.

Elle épousa, en 1644, le marquis Henri de Sévigné, parent de Paul de Gondi, cardinal de Retz. Ce mariage, qui offrait toutes les garanties de famille et de fortune, ne fut pas heureux. Le marquis était joueur et bretteur. Il commença par ruiner sa femme, et se fit tuer en duel par le chevalier d'Albret, en 1651. M^e de Sévigné, « qui l'aimait et ne l'estimait point », le pleura sans le regretter. Elle avait de son mariage deux enfants, une fille née en 1646, un fils né en 1648. Sur les conseils de l'abbé de Coulanges, il lui fallut d'abord songer à remettre de l'ordre dans sa fortune si compromise; et elle alla passer plu-

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