CHAPITRE X L ÉUOaUENÇE SQUS LA RÉVOLUTION
Éloquence politique. — L'éloq\ience de la chaire n'a plus d'illustres représentants au dix-huitième siècle, mais la Révolution va développer l'éloquence politique.
i" Mirabeau (1749-1791) tient la première place à l'A-ssemblée cons^ tituante. Il est d'un tempér^mept excessif; il mène une vie fiévreuse et romanesque; il acquiert les connaissances If s plus variées, iNoipfné député du Tiers, par Aix et Marseille, il prononce un grand nombre de discours. II est à la lois logique et passionné.
2*" L'at)bé Maury a 4éi'a»'deur, mais trop de rhétorique; Barnave est plus serré; Jsnard prononce un beau discours sur 1 émigration (1791).
3" Le plus célèbre des Girondins est Vercw^UP (1753^1793), dont les discours sont pleins de chaleur et de précision. — A la Convention, il faut encore nommer Danton, Robespierre, etc.
4° Pariai les Journalistes : Camille Desmoulins, André Chénier, Marat, etc. Enfin, les i\fémoire.^ de M"' Roland n^us révèlent une des plus belles âmes féminines de cette époque troublée,
Le dix-huitième siècle n'a pas connu de grands orateurs religieux, comme Bossuet, Bourdaloue et Massillon. Bien entendu, la prédication ne fut jamais interropipue, et la chaire cl^rétienne n^ wanqua ni d'orateurs distingués, ni d'auditeurs délicats. Un seul nom a surnagé, celui du P, Bridaine (t 1767), missionnaire véhément et hardi, qui n"a jamais publié sps sermons. L'abbé Maury, dans son Essai su?- Véloquence de la chaire, nous a conservé de lui l'e^orde
(1) Nous renvoyons l'étude de la littérature sous la Révolution au chapitre où nous étudions celle du Premier Empire : ces deux littératures ont en effet des caractères communs et forment un groupe homogène jusqu'en
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d'un sermon prononcé k Saint-Sulplce, et qui, malheureuseiïienf, est eii gt*aridé partie TœuVre de Maury lui-môme ; au moîris, dans ce pastiche, peut^ôn tPOtâVer l'écho de cette éloquence qui fit sensation.
Maïs, à la fin du siècle, la tribune politique devait à son toiti* avoir ses orateurs. L'aticien régime tie laissait aucune place à la liberté de la parole < Combien de gfttfids talents furent ensevelis dans le secret des Parlementa (ï)! La réunion des États généraux offre tottt d'un coup à Ces grands talents l'occasion de se développer en piîblîc ; et gliftoitt elle leur donne une admirable et féconde matière.