‹ Histoire de la littérature, françaiseChapitre 212 sur 323 · I. — f^es l'erîvnîns rolîjïîenx · texte numérisé non relu

I. — f^es l'erîvnîns rolîjïîenx

Joseph de Maistre (1754-1821). — Né à Chambéry, d'un père qui était président du Sénat de Savoie, et qui l'éleva de la façon la plus dure, Joseph do Maistre fut lui-mémo membre do ce Sénat jusqu'à la conquête de son pays par les Français, en 1792. Après un court séjour à Turin, puis à Genève et à Lausanne, il fut nommé régent de la Grande Chancellerie, en Sardaigne, en 1799. Il demeura quatre ans dans cette île, alors seule possession de la maison de Savoie, à laquelle il resta fidèle. Le roi Vicrtnr-Kmmanuel le nomma, en 1803, ministre plénipotentiaire en Russie; et Josepli de Maistre vécut quatorze ans à Saint-Pétersbourg, loin de sa femme et (le ses deux filles : son fils Rodolphe vint le rejoindre, pour prendre du service dans l'armée russe, et se battit vaillamment contre les armées de Napoléon. C'est pendant cet exil que J. de Maistre écrivit ses principaux ouvrages, malgré les difficultés de sa situation et ses chagrins. Revenu à Turin on 1817, il n'a plus de santé; il meurt en 1821.

Bien que J. de Maistre ait, en politique comme en religion, des idées trop absolues, son caractère personnel ne peut qu'exciter la plus vive sympathie. Il a lutté noblement contre la pauvreté et supporté pendant quatorze ans la séparation d'avec une famille qu'il adorait. En butte aux tracasseries lointaines d'un roi qui n'appréciait ni sa dignité ni

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