‹ Histoire de la littérature, françaiseChapitre 231 sur 323 · VII -Michelet · texte numérisé non relu

VII -Michelet

Vie. — Utie enfance pénible, qui liii îâiSèë « Timpréssion d'une vie âpre et laborieuse », des malhéiirs et dés privations, le travail manuel dans la petite imprimerie d'un père à

(i) Morceaux choiais, \^^ cycle, p. 'i80; 2« cycle, p. 1209.

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moitié ruiné p;ir les lois sur la presse de 1800 : liîUes i'ureiit les difficultés contre lesquelles doit lutter Jtiiës Michèlet, « hé peuple, et resté peuplé ». Une éner-giqué volphté le soutient, il vil d'abord ;i l'ëccile prîiîiàiro pendant qu'il est «■ compositeur » chez son përe. Puis, eh l8i2, il eiitfé ait l^céë ttiarlemàghë, où il est uii brillaht élève. Mais il rêlionce à l'École normale, et il accepte une place de" répétiteur dans une iiistitution (luMariiis, dont les élèves suivaièiit les cours (le Charlemagne (1816). En 1819, il passe son dôctoMt.

En 18^1, reçu à l'agré/^âticin d'histoire, il entre Comme professeur au «'ollôgè Sainte Barbe. C'eso alors qu'il compose ses Tableaux chronologiques d'hisloire moderne^ et qu'il traduit \^ Scienza kuova de l'Italien Vico (1825). Èh 1856, il publie son Précis d'histoire moderne, et il comipose, en 1828, son Histoire romaine (publiée en 18.11). Il avait été nommé, en 18^7, maître de conférences a l'École nor-ihàlé et il devient, en l83Ï, chef de la division hîsforiquc aux Archives.

C'est la plus belle époque de sa vie. A force de courage, de dévouement et de travail, îl est arrivé a, une situation brillante et stable; il est, d'imé part, professeur d'une élilo de

Portrait de Michèlet.

D'après la lithographie fii> ToiiUion.

je unes gens qui sont plutôt des disciples que des élèves; d'autre part, il a sous la main, comme chef des Archives, une masse de documents à classer et à exploiter. Libéral, il n'a pas été atteint ni gâté par la politique active. La révolution de 1830 l'enthousiasme, sans le faire dévier de sa vraie vocation. Bref, c'est dans des conditions d'équilibre, d'harmonie, d'impartialité, qu'il entreprend son Hùloire de France dont il publie le premier volume en 1833, et le sixième en 18-14. Entre t<^mps, il avait pris possession, on 1838, de la chaire d'histoire du Collège de France.

Les approches de la révolution de 1848 commencent, sous l'influence de Quinet et de Mickiewizc, àtrouljler sa quiétude. Il publie en 1846 le Livre du peuple : et il s'avise qu'il ne saurait comprendre Thistoire de la monarchie absolue, s'il n'a pas auparavant étudié la Révolution. Il interrompt donc son Histoire de France \\ François P-'", et il écrit, de 1847 ù 18r)3, son Histoire de la Révolution, œuvre de foi et de propagande, plutôt qu'œuvre de science. — D'ailleurs, tout contribuait à rompre cet équilibre dont il jouissait la veille. Le coup d'État de 1851 l'avait chassé de sa chaire du Collège de France et de sa place aux Archives. Quand Michelet reprend, en 1855, la suite de son HiMoirc de France, il en veut à la monarchie des persécutions de Louis-Napoléon Bonaparte; il a perdu la sérénité et le sang-froid ; il a seulement conservé et exagéré ses qualités de poète et de visionnaire. Les dcr lûers volumes de V Histoire de France paraissent de 1855 ;V 1867. Puis, Michelet donne différents ouvrages descriptifs et poétiques : V Oiseau, V Insecte, la Mer, la Montagne, etc. Il meurt à Hyères, en 1874.

Œuvres et méthode. — Michelet est un passionné, qu'il esx difficile d'aborder sans passion. Pour le bien juger, il faut surtout le considérer dans son Histoire romaine et dans les six premiers volumes de son Histoire de France [V"^ édition), où il est tout lui-même, avec des qualités dont il n'a pas encore les défauts, et où sa méthode n'est pas gênée par l'exaltation de sa sensibilité. — Michelet a donné lui-même sa, formule. Pour lui, l'histoire doit être la résurrection de la vie intégrale du passé.- 11 veut combiner la méthode de

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