‹ Histoire de la littérature, françaiseChapitre 48 sur 323 · L HISTOIRE AU MOYEN AGE. — LE SERMON · texte numérisé non relu

L HISTOIRE AU MOYEN AGE. — LE SERMON

Louis XI met fin à la Ligue du Bien public, et entre dans Paris <ch. vni); — à ce propos, Commines trace un premier portrait de Louis XI (ch. x) (I). ''

Livre IL — Entrevue de Pcronno (ch. v-ix); — le cliapitre viait ttrtfe digression : Sur l'avantagé que les bonnes lett/tèSi et principalement les histoires, font aux princes tt auœ grands seigneurs (2);

— expédition contre les Liégeois révoltés (ch. xi-xiii).

Livre IV. — Histoire du connétable de Saint-Pol (ch. vi-vn); — entrevue du sire de Creville, ambassadeur du coniiélable, et de Louis XI (ch. viii) ; — prise du connétable, son exécution (ch. ix-x) ; •— réflexions sur la Fortune (ch. xn).

Livre V. — Ce livre est un des plus intéressants; on y trouve le récit des campagnes malheureuses de Charles le Téméraire conti'e les Suisses, les batailles de Granson et de Morat en 1476 (ch. v-vi);

— le siège de Nancy (ch. vu); — la mort de Charles le Téméraire (ch. viii); — des réflexions éloquentes sur sa politique, son caractère, et sa chute (ch. ix) (3); — les résolutions prises par Loiiîs Xl après la défaite et la mort de Charles (ch. x); — un beau développement sur les effets de la jiostice de DieU envers les princes (ch. xiv) (4); — l'opinion de Commines sur le caractère du peuple français et sur le gouvernement absolu ; c'est là qu^il plaide en faveur des États Généraux (ch. xix).

Livre VF^ — Commines, au retour d'une heureuse mission en Italie, retrouvé Louis XI malade; vie du i^i au château de Plessislez-Tours (ch. VI)^, — entrevue de Louis XI et de François de Paule, que Commines appelle, on ne sait pourquoi, frère Robert (ch. vu); -^ dernier entretien de Louis Xï et du dauphin Charles (ch. x);

— réflexions sur les maux endurés par le roi, et sur Ceux qu'il fit souffrir aux autres; détails sur Plessis-lei-Tours ; tnort du roi (ch. xi) (5); — Discours sur la misère de la Vie des hommes, et itriiït^ipalemenl des princes (ch. xii).

Livre VIL — Négociations de Commines en Italie^ — à Veniâe (ch. vi), — à Florence (ch. ix); — entrée de Charles Vlll à Naples (ch. xHi); — son couronnement (ch. xiv).

Livre VÏÏI. — Suite de l'expédition dé Oharles Vlïl en Italie (ch. u-v); — passage des Apennins par l'artillerie (ch. vu); — bataille de Fornouc (ch. ix-xii); — Charles VIII rentre eh France, ses projets de réformes (ch. xvui); — mort de Charles VIII (ch. xxv) ;

— obsèques de Charles VIII, et couronnement de Louis Xll (ch.

XXVIl).

(1) Morceaux choisis, 2® cycle, p. 116.

(2) Morceaux choisis, 2" cycle, p. 119.

(3) Morceaux choisis, 2« cycle, p. 12l. (U) Morceaux choisis, 2« cycle, p. 65.

(5) Morceaux choisis, 2'"- cycle, p. 125»

Valeur historique et morale de Commines. — Dans sa dédicace à l'archevêque de Vienne, Angelo Cato, Commines prétend que son seul but est de fournir des documents à ce prélat, qui voulait écrire en latin une histoire de Louis XI, Quoi qu'il en soit, ses Mémoires ont, avant tout autre mérite, celui d'être un témoignage exact et sincère : Commines ne parle que de ce qu'il a vu; il ne peint que les personnages qu'il a intimement connus. De Charles le Téméraire et de Louis XI, il a laissé des portraits définitifs ; l'érudition moderne n'a pu que les compléter. De même, sur la politique intérieure 3t étrangère de Louis XI, sur l'expédition en Italie de Charles VIII, tout le fond est dans Commines.

Mais si les faits sont exacts, si les personnages sont bien lessinés, le vrai mérite de Commines est ailleurs : il est dans .'intelligence des actes et des hommes. Commines réfléchit; ^t à chaque instant, il s'interrompt pour nous faire part de ses réflexions. Et ce ne sont pas vagues ou naïves confidences, mais profondes et pénétrantes vues d'homme d'État, de philosophe et de moraliste. On comprend, à le lire, pourquoi il a quitté Charles le Téméraire, c'est-à-dire l'étourdi et brutal représentant de ce qu'il y avait de plus étroit dans le passé, pour Louis XI, le plus réfléchi de nos rois, le politique de l'avenir. 11 abonde en idées, qui le rapprochent moins de Machiavel, comme on l'affirme trop complaisamment, que de Richelieu et de Montesquieu : il est à la fois protecteur du pouvoir royal contre les grands, et partisan des Etats Généraux qui limitent l'absolutisme des princes. Il admire la constitution anglaise, comme un homme du dix-huitième siècle. D'autre part, il fait songer à Bossuet, quand, après avoir si finement analysé les causes humaines de revers et de succès, il aboutit à la théorie de la Providence et à la mystérieuse action de Dieu; ses réflexions sur la mort de Charles le Téméraire soutiennent la comparaison avec les Oraisons funèbres.

Ainsi Commines est un penseur, un politique et un moraliste. Le contraste est grand entre ses Mémoires et ceux de Joinville; on le rapprocherait plutôt de Villehardouin.

Valeur littéraire de Commines. — Commines n'a ni l'éclat

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pittoresque de Froissart, ni le charme de Joinvillc. Il écrit lourdement, il ne peint jamais. Mais il a (le la justesse, de la finesse, du trait, et surtout nulle affectation littéraire, c Commines se plaint quelque part de n'avoir aucune littérature; un lecteur moderne est tout disposé à l'en féliciter (1). » On peut signaler chez lui des pages spirituelles [l'Ours et les Trois Compagnons) (2), des images ou des métaphores d'une justesse assommante, comme celles de Saint-Simon (3;. Mais, surtout, il faut le louer d'avoir eu, quand il s'élève aux considérations politiques ou religieuses, une langue grave, solide et nerveuse, qui donne déjà l'impression du grand style dixseptième siècle.

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