‹ Histoire de la littérature, françaiseChapitre 91 sur 323 · II. — Disciples de Malherbe · texte numérisé non relu

II. — Disciples de Malherbe

€ Parmi les disciples de Malherbe, ceux qui lui font le plus d'honneur, dit très judicieusement Petit de JuUeville, sont ceux qu'il n'a jamais connus : les grands écrivains de la seconde moitié du dix-septième siècle, qui tous, poètes ou prosateurs, ont reconnu sa maîtrise et suivi indirectement sa discipline (1). » On cite cependant quelques-uns de ses élèves immédiats : Racan et Maynard.

Honorât de Bueil, seigneur de Racan (1589-1670), a survécu assez longtemps à son maître pour voir le triomphe presque absolu de ses doctrines. 11 était cousin du duc de Bellegarde,

(1) Histoire de la lilt. fr. (Julleville, Colin), t. IV, p. 15.

LA RÉFORME DE LA POÉSIE 3t7

protecteur de Malherbe. Officier, puis gentilhomme campagnard, retiré dans son château de la Roche-Racan, en Touraine, il mena la vie large et aisée d'un c honnête homme » qui fait des vers simplement pour se divertir. Nous signalons plus loin sa pastorale dramatique, les Bergeries, jouée en 1618. Il publia des Odes, des Psaumes et des Stances, où l'on découvre un sincère sentiment de la nature et une douce mélancolie. Ses vers ont une souplesse harmonieuse et un peu molle (1).

François Maynard (1582-1646) était, au dire de Malherbe, celui de ses disciples qui faisait le mieux les vers. Ses èpigrammes sont aisées et spirituelles; dans ses orfes, on rencontre des pensées fines, délicates sans préciosité, et parfois, comme dans la Belle Vieille, des sentiments d'une profondeur touchante. C'est un versificateur d'une aisance vraiment française ; la rime lui donne de la précision sans jamais lui causer de gène (2).

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