CHAPITRE SIXIEME
Suite de l'histoire des pertes. — La comédie après Molière. — § I. Regnard : le Joueur, — Dufresny. — Dancourt. — Turcaret. — § II. Marivaux. — Destouches. — La Chaussée. — § III. Retour à Molière. La Métromanie. — Le Méchant. — § IV. Diderot. La théorie de la comédie sérieuse. — § V. Beaumarchais. — Le Barbier de Séville. — Le Mariage de Figaro, — § VI. Andrieux et CoUin d'Harleville. — Fabre d'Êglantine ; le Fhilinîe de Molière,
Il semblait qu'il y eût du nouveau à tenter dans la tragédie après Corneille et Racine. Comme je l'ai dit au chapitre précédent, la scène pouvait être plus animée, l'action plus rapide, la représentation plus semblable à la réalité. Ce triple changement fat l'œuvre de Voltaire ; c'est la nouveauté durable de son théâtre.
Après Molière, qu'y avait-il à essayer de nouveau dans la comédie? Est-ce du côté du spectacle? Nul n'y pouvait songer. Le spectacle, la pompe, une vaste scène, ajoutent à l'effet de la tragédie; ils mettent les portraits dans leurs cadres. Nous sommes dans l'histoire ; l'appareil théâtral nous donne la date, le lieu, les costumes ; il nous rend contemporains du passé. La comédie n'a que faire de tout €ela. C'est assez pour elle d'un paravent pour coulisse, d'un salon pour scène. Plus le théâtre a l'air d'un appartement, mieux le spectateur s'y reconnaît. Le comble de l'illusion, pour la comédie, c'est de faire croire au public qu'il est chez lui. A quoi
bon plus d'action? Ceux pour qui le Misanthrope n*en a pas assez avaient de quoi se dédommager dans le Tartufe. Y avait-il à s'approcher un peu plus de la vérité dans le dialogue, en y réduisant la part de chacun et en abrégeant les tirades? Soit. Si quelqu'un pensait que discourir comme Alceste et Philinte n'est pas causer, et que les belles tirades sentent trop la thèse, il n'avait qu'à venir au Molière du lendemain. Là il assistait à une conversation ; là le dialogue est vif, coupé ; l'attaque et la riposte s'y succèdent comme les coups dans un duel. Aimait-on mieux pour la comédie la prose que les vers? On n'avait qu'à faire comme Fénelon, et à chercher dans la prose de V Avare la perfection que les vers ôtent, selon lui, au Misanthrope. Préférait-on l'inattendu de l'intrigue aux effets prévus de la comédie de caractère , le bon rire des bourgeois au fin sourire des gens de cour ? Molière y avait pourvu. Molière corrigeait, complétait, perfectionnait Molière. Il avait pris, tour à tour, à la volonté des gens, les nobles traits d' Alceste, la mine d'aigrefin de Mascarille, le visage refrogné de Sganarelle, l'air ingrat et les mains crochues d'Harpagon. Il avait porté tous les costumes, depuis l'habit brodé d'Alceste jusqu'au sac de Scapin. Il n'y avait pas un goût , pourvu qu'il fût franc , qui n'y trouvât la chose qu'il aimait le mieux, et en perfection.
Molière ne laissait d'autre champ à ses successeurs que le choix dans l'imitation.
On ne s'avisa pas d'abord d'essayer de la hante comédie. Personne après Molière n'était de force à l'oser. On reprit tout ce qu'il avait successive-^ ment abandonné. La comédie recula modestement jusqu'à r Étourdi. Les pièces à intrigue ramenèrent les coups de théâtre, les aparté, les valets de fantaisie, des rôles au lieu d'hommes, l'esprit du poète au lieu de la nature. Les caractères généraux paraissaient épuisés ; il restait les caractères anecdotiques, un joueur, une coquette de village, des Normands qui se réconcilient, un philosophe sans le savoir; ou bien les travers du jour, une bourgeoise à la mode de 1692, une femme d'intrigue de la même année, un financier de 1709. Les auteurs regardaient désormais le monde au microscope, au risque de prendre pour un caractère un ridicule plusieurs fois grossi.
Le Joueur de regnard. — dufresny. — dancourt. — Turcaret.
En 1696, une comédie en vers fit dire que Molière avait trouvé un successeur. Ce fut le Joueur, de Eegnard. Il faut lire le Joueur après F Étourdi ou le Menteur j non après le Misanthrope. J'y vois une intrigue plaisante ; j'y cherche un caractère. Le nom même de caractère ne convient qu'à une disposition dominante qu'ont enracinée et fortifiée le temps et l'habitude. On n'en change pas, on ne s'en dépouille pas. On peut en être puni ; en est-
on jamais corrigé? Dans les comédies durables, chaque personnage porte la peine de son caractère. On en voit de rudement châtiés : il n'en faut pas demander davantage. Espérer qu'ils changeront, qu'il y aura, comme dit le grand Corneille , purgation des passions, n'y songeons pas. On sent bien que Tartufe, que l'Avare, que le Misanthrope même ne se corrigeront pas ; mais ce qui suffit à la vérité suffit à la morale, et pourvu que le spectateur qui vient d'applaudir à leurs disgrâces songe, en s'en allant, à ce que coûte un travers ou un vice, que veut-on de plus?
Jouer n'est pas un caractère; la preuve c'est qu'on s'en corrige : le joueur cesse de jouer. Bourdaloue, dans une peinture éloquente des ravages du jeu, parle de gens (( que la nécessité des temps force d'apporter quelque tempérament à leur jeu ^. » On joue donc plus ou moins selon les temps : le jeu peut donc être une affaire de mode. Pour un joueur qui l'est par passion, combien le sont pour faire comme les autres ! Regnard avait eu, dans sa jeunesse, la fureur du jeu. Plus tard il s'y modéra. Où l'on peut se modérer, il n'est pas impossible qu'on se corrige, et si l'on se corrige du jeu, un joueur n'est pas un caractère. On ne tirera jamais d'un rôle de joueur le comique de caractère, qui est le vrai comique.
Il est un cas pourtant où ce genre de comique
1 Sermon sur les divertissements du monde.
peut naître de la passion du jeu; c'est quand cette passion est vieille et qu'elle a pris riiomme tout entier. C'est a le jeu effroyable, continuel, sans retenue, sans borne, » dont parle la Bruyère, <ï où l'on expose sur une carte ou à la fortune du dé la fortune de sa femme et de ses enfants K » Le jeu poussé jusqu'à cette fureur est une seconde nature; c'est tout l'homme. Mais alors il faut le renvoyer au drame.
Le Joueur de Eegnard n'est qu'un de ces jeunes étourdis qui jouent par imitation et que Tâge corrige.
Je l'attends à quelques années de là. Il sera Regnard, toujours joueur peut-être, mais jouant un jeu honnête et borné, et mettant avant le jeu tout ce que dans sa jeunesse il mettait après. Je ne vois dans toute la pièce que Regnard qui , sous le nom de Valère , me montre son esprit et rime agréablement ses souvenirs de mauvais sujet.
Cependant la Harpe loue le comique du caractère dans le rôle du Joueur. Est-ce parce qu'il est amoureux quand il a perdu, indifférent quand sa bourse est pleine? Qu'y a-t-il là de si comique? Un joueur malheureux ne pense qu'à se rattraper. Heureux, il redevient amoureux; voilà la nature. Si Valère oublie dans la joie du gain son amour pour Angélique, et s'il s'en souvient dans la perte, c'est qu'il n'est pas assez amoureux quand il aime, ni assez joueur quand il joue.
t Les Biens de fortune.
Je voudrais bien voir où le Joueur parle en vrai joueur. Serait-ce quand ^ après un coup qui Ta ruiné, il s'écrie :
Non, l'enfer en courroux et toutes les furies
N'ont jamais exercé de telles barbaries.
Je te loue, ô destin, de tes coups redoublés.
Je n'ai plus rien à perdre, et tes vœux sont comblés.
Pour assouvir encore la fureur qui t'anime,
Tu ne peux rien sur moi : cberche une autre victime.
Et, plus loin :
Sort cruel, ta malice a bien pu triompher,
Et tu ne me flattais que pour mieux m'étouffer.
Il y a là des souvenirs des vers de Eacine; c'est peut-être une ingénieuse parodie ; ce n'est pas l'accent de la vérité.
La joie de Valère dans le gain est-elle plus vraie? Je l'entends, après un coup heureux qui vient de remplir d'or son chapeau, vanter l'état du joueur, sa vie où s'enchaînent les plaisirs, le cuivre devenant or dans ses heureuses mains, les belles qui le poursuivent de leurs billets doux, les vieux seigneurs qui le cajolent, les festins, les bals, la comédie, etc. Pourquoi ne serait-ce pas tout aussi bien le langage d'un financier, qui, à la vue de sa cassette, songerait à tout ce qu'un mortel peut se donner avec de l'argent? Je n'aime pas ces traits qui conviennent également à deux conditions très différentes : ils ne caractérisent ni l'une ni l'autre.
L'idée de génie , dans le Joueur, c'est d'avoir amené Valère à mettre en gage le portrait d'Angélique. Au premier mot qu'il en dit à son valet, celui-ci se révolte :
Ah ! que dites- vous là ? Vous devez le garder.
Et Valère de répondre :
. . . Tu sais jusqu'où vont mes besoins. N'ayant pas son portrait, l'en aimerai-je moins ?
Voilà le joueur. Regnard l'a pris sur le fait. Le portrait mis en gage procure à Valère mille écus, €t ces mille écus ont ramené la fortune. Valère va-t-il les retirer de son gain pour racheter le portrait? Son valet le lui conseille honnêtement. Oh! non 5 répond-il ^
C'est un dépôt.
Trait charmant, le sublime du genre. L'argent du jeu! Comment donc? C'est le seul sacré; le joueur n'a de devoirs qu'envers son gain.
Quelques traits de plus de cette force, et le joueur serait un caractère. Tel qu'il est, c'est le mélange ingénieux d'une esquisse vraie et d'un portrait de fantaisie. Ce qui appartient à l'esquisse est comique, même à la lecture; ce qui appartient au portrait n'est plaisant qu'à la scène.
On en pourrait dire autant de tous les personnages de Regnard. Ce ne sont ni des types ni des
individus. Enfants de sa bonne humeur, quelques traits d'observation juste, sinon profonde, les font par moments ressembler à des gens de connaissance. On dirait une joyeuse mascarade où de temps en temps un masque qui tombe laisse voir un visage d'homme. S'ils ne sont pas plus comiques, c'est qu'ils ne veulent être que plaisants. Regnard avait fait parler Polichinelle avant de s'essayer à faire parler le cœur humain. Songea-t-il même jamais au cœur humain , ce cynique mitigé^ comme il s'appelle, qui invite ses amis à venir dans sa maison de Montmartre prendre leur part d'un festin qu'égayeront les c( mots piquants, d
enfants nés dans le vin ?
Le mot piquant c'est ce que cherche Regnard, et s'il le trouve souvent, souvent aussi il le manque. Ses personnages sont ces hôtes qu'il convie aux luttes des mots piquants. Nul ne veut y être des derniers ; mais il s'en faut que tous y soient heureux.
Beaucoup de franche gaieté , avec le parti pris de toujours faire rire, voilà le fonds du théâtre de Regnard. Je sais des juges instruits et de goût qui n'admettent pas la restriction. S'ils le font de bonne foi, et non par peur du mot de Voltaire que c( qui ne se plaît pas à Regnard n'est pas digne d'admirer Molière, » c'est moi qui ai tort. Mais comment rire quand on n'en sent pas l'envie? Il y a
quelqu'un de plus gai que les pièces de Regnard, c'est le poète lui-même. Derrière ses personnages parfois plus grimaçants que plaisants^ je le vois lui-même, au milieu de ses joyeux convives, riant du bon rire des gros mangeurs et des gens replets, et je préfère involontairement ace qui a passé de sa gaieté dans ses pièces ce qu'il en gardait pour ses amis. Les personnages de Regnard semblent avoir été chargés de répéter ses bons mots. Le meilleur s'en est perdu en passant par leur bouche.
Je sais qu'en parlant ainsi de Regnard, je tombe sous le coup de la sentence de Voltaire. Soit ; je ne suis pas digne d'admirer Molière. Mais si je Taime^ si j'y passe mes meilleures heures, si je ne m'en lasse point, si j'y trouve toute comédie, même celle qui fait rire les plus mélancoliques, que gagneraisje de plus à être « digne de l'admirer? »
Les mêmes juges qui goûtent la gaieté de Regnard parlent aussi de l'excellence de son style. C'est encore ua éloge que je garderais pour Molière. Où le fond est si léger, comment le style serait-il excellent ? Regnard a souvent le vers aisé , net, bien tourné ; il ne l'a jamais éloquent. Il est par moments bon écrivain en vers ; il n'est jamais poète. Éloquence, poésie, tout le style est là, et il n'y a ni éloquence ni poésie où le comique ne naît pas des caractères. Voilà pourquoi les délicats en fait de poésie, ceux mêmes qui ne souffrent pas que Thalie soit une muse, ne refusent pas à Molière le nom de grand poète. Parlez- moi plutôt de la lan-
gue de Regnard que de son style. Vraie dans tout ce qui est esquisse vraie , spirituelle et correcte dans les choses de bon sens, presque sœur de la langue de Boileau dans les traits de satire contemporaine, la langue de Regnard dans tout le reste est de la langue facile. Les impropriétés n'y sont pas rares ; les vers prosaïques , si différents des vers familiers , y abondent ; la rime n'y obéit pas toujours, et où elle n'obéit pas elle commande. Le secret de Molière s'est perdu :
Enseigne-moi, Molière, où tu trouves la rime.
Il la trouvait où Regnard ne la cberche pas toujours, dans l'accord de la rime et du sens. Lisonsle donc un peu pour lui, un peu pour revenir, plus charmés par la comparaison, au divin poète chez qui la rime n'est qu'une grâce de plus qui nous invite à apprendre par cœur les vers que nous venons de lire.
Le théâtre de Regnard n'a tout son prix qu'à la scène. Il lui faut des acteurs dont le geste expressif et la voix mordante relèvent les mots qui se traînent, dont le jeu mette la gaieté où il n'a songé qu'à mettre la farce. Il les faut espiègles, alertes, vifs, pour ces artifices de scène où il ne peut y avoir de naturel que leur talent. Quand le Joueur, rentré le matin après une nuit passée au jeu, à demi égaré par ses pertes, parcourt la scène à pas précipités, si le valet qui le poursuit de sa robe de
chambre déployée est un acteur habile^ toute la salle rira de bon cœur. La lecture éteint ce feu des jeux de scène^ refroidit plus d'un effet de surprise, émousse plus d'une pointe. Il est vrai que faire rire à la scène, en dût-on le succès à de bons acteurs, ce n'est pas si peu, puisque c'est la gloire.
Regnard avait été quelque temps brouillé avec Boileau. C'était après la satire contre les femmes. Eegnard y répondit par une satire contre les maris. Il n'eut pas l'avantage. Ce fut l'occasion de la querelle. La vraie cause était le dépit d'un auteur au début qui en voulait à Boileau de la gêne des règles. Devenu plus juste avec plus de talent, Regnard se rapprocha de celui de tous les critiques qui a eu le plus de souci de la gloire des écrivains. Les Ménechmes furent le gage de leur réconciliation. Comment redevenir l'ami de Boileau sans faire quelque chose pour les règles? Regnard y trouva la force d'écrire avec grand soin cette petite pièce, très librement imitée de Plante, où beaucoup de vers ont la franchise et la correction du maître. Le Joueur ne devrait être que pour une moitié dans la célébrité de Regnard ; les Ménechmes y devraient être pour l'autre.
DUFRESNY. — DANCOURT. — Turcaret.
Il est triste que Regnard n'ait pas fait une seule fois mention de Molière. Il est plus triste qu'il se soit trouvé un auteur qui s'impatientât de cette
gloire jusqu'à trouver qu'il manquait quelque chose à Molière. Ce quelque chose, qui le croirait? c'est l'esprit. Dufresny s'en avisa le premier, et osa le dire. S'il s'agit de l'esprit de mots, Dufresny n'avait pas tort ; Molière s'en passe dans les comédies de caractère. Ce n'était pas faute d'en avoir presque autant que Dufresny ; témoin tout ce qu'il en a prêté aux légères créations de V Étourdi et du Dépit amoureux. De ce hors-d'œuvre, dont le génie vigoureux de Molière s'était bientôt dégoûté, Dufresny fit le fond de tous ses repas. C'était un fureteur de ces aventures anecdotiques dont un homme d'esprit tire des sujets de pièces, en s'y chargeant de tous les rôles. Les paysans de Dufresny sont Dufresny en paysan. On se trouve de l'esprit en lisant Molière, en lisant Dufresny on craint d'être nn sot ; et comme c'est l'espèce de peur qu'on pardonne le moins ; on se venge du livre en le fermant.
Dancourt eut la sagesse de se faire un art à sa taille. Il s'abstint d'écrire en vers, et composa, sur le modèle des comédies bourgeoises de Molière, des pièces en prose assez gaies, écrites avec naturel, qui firent rire Louis XIV, rendu difficile par Molière.
Après Eegnard et Dancourt, le nom populaire de Turcaret nous avertit qu'il y a là un ouvrage durable, Turcaret vit ; il est au milieu de nous. La révolution de 89 lui a ôté sa vaste perruque, son habit d'or, les diamants qui chargeaient ses doigts ;
elle lui a laissé sa suffisance et sa sottise. La finance renouvelle sans cesse les copies de ïurcaret. L'esprit d'égalité les force à ressembler^ au moins par riiabit, aux autres hommes ; mais le cœur est resté le même. Ces gens-là pensent tous, comme Turcaret, que l'argent donne toutes les qualités dont il tient lieu.
C'est un trait de génie d'avoir entouré Turcaret de fripons; la compagnie est digne de l'homme. Celui qui n'estime que l'argent mérite de vivre au miUeu de gens qui ne pensent qu'à lui voler le sien. La morale de la bonne comédie le veut ainsi, et la vérité le veut avant la morale. Si l'argent tout seul donnait de vrais amis, des serviteurs fidèles, qui donc aurait tort de s'enrichir à tout prix? Le châtiment inévitable du travers de Turcaret, c'est d'avoir affaire à des gens qui entendent bien lui reprendre une partie de ce qu'il a pris. Ces friponslà, d'ailleurs, font leurs coups hors du ressort du Châtelet ; ce sont de ces honnêtes gens qui ne se permettent que ce que la loi ne défend pas, et qui s'aiment trop pour nous donner la consolation de se faire pendre. Gil Blas en est plein ; on tiendrait plus de compte à le Sage de son Turcaret j s'il n'avait pas fait Gil Blas.
niST. DE LA LITTÉÎI. — T. iV. l3
§ II