MASSILLON
Si Bossuet est l'orateur de la chaire, si Bourdaloue en est le dialecticien , Massillon en est le rhéteur.
Il ne faut pas prendre cette qualification par le mauvais côté. N'est pas rhéteur qui veut. Il y a
souvent de Torateur dans le rhéteur. Une imagination vive, une mémoire vaste et prompte qui sert comme d'une seconde intelligence, le talent d'écrire^ la science du langage; on n'est pas rhéteur à moins. Pourtant ce mot signifie plus d'esprit que de génie, plus d'habileté que d'invention, plus de procédé que d'inspiration véritable. C'est un art dont l'objet est moins de persuader que de plaire. On y donne plus de soin aux mots qu'aux choses, à l'éclat du discours qu'à l'efficacité, et, dans le langage même, à l'harmonie plutôt qu'à la propriété, à ce qui brille qu'à ce qui se grave.
Il y a de tout cela dans Massillon; mais, pour être juste, mettez-y le correctif et comme le charme d'une intention toujours pure, d'une foi sincère, de la raison et de la charité. S'il est rhéteur, c'est que son procédé est trop souvent audessous de son dessein, et s.es moyens moins bons que sa volonté.
C'est un premier trait du rhéteur, dans Massillon, que de négliger le dogme et les mystères, et de donner toute la place à l'enseignement moral» Déjà Bourdaloue avait affaibli l'autorité du sermon -en y réduisant la part du dogme. Massillon, en l'omettant tout à fait, ou, ce qui est pire, en ne le rappelant que pour mémoire, fit du sermon une leçon de morale, où le christianisme ne paraît être que la plus sévère des philosophies humaines. Il tient les mystères pour établis , les difficultés de la religion pour résolues ; il craint de hérisser son.
discours de texfes sacrés ; s'il cite les Pères , c'est pour ôter au discours l'air mondain plutôt que pour y mettre le nerf de la tradition. Le christianisme dogmatique ne lui est redevable d'aucune de ces démonstrations imposantes qui affermissent la foi ou embarrassent l'incrédulité.
La force manquait à Massillon pour les âpres méditations où Bourdaloue et surtout Bossuet avaient trouvé leur logique. Sa foi , plus douce que profonde ; était facilement satisfaite , et sa vertu le menait au dogme par la morale. Il faut dire aussi que le temps où il prêchait n'était guère favorable à l'exposition théologique. Les querelles religieuses de la fin du siècle avaient lassé tout le monde. L'auditoire craignait la théologie contentieuse. Un ennemi venait de s'élever contre le christianisme : c'était la philosophie. Elle parlait aux imaginations, elle avait la faveur de la mode; il fallait que la chaire lui disputât les esprits^ et, comme la philosophie se piquait de n'avoir affaire qu'à la raison, la chaire s'accoutumait à retirer du débat le dogme qui veut le sacrifice de la raison, et n'y laissait que la morale dont les plus incrédules ^'accommodent.
C'est ce que fit Massillon, et je le dis plus à son •excuse qu'à sa gloire : ces sortes de transactions compromettent le principe qui a cédé. Je me fais une belle image d'un orateur chrétien se roidissant alors contre les dédains et les sourires de la philosophie, et qui se serait retranché de plus en pins
dans la science du christianisme, aimant mieux rel3uter la frivolité de son auditoire que de commettre le fond de la religion. Ce rôle ne tenta pas Massillon. Esprit facile, aimable, moraliste par vocation, il n'eut pas même la pensée de résister à son temps; il parla peu du dogme à ces oreilles superbes. Servit-il du moins la foi par la morale ? J'en doute, et la vérité me force d'en dire les raisons.
En ôtant au sermon l'autorité du dogme, Massillon ne se dissimulait pas qu'il affaiblissait la chaire chrétienne : pour compenser ce désavantage, il outra la morale. La plupart de ses sermons sont impitoyables. Le mot crime, dont il caractérise les infractions à la loi chrétienne, s'y présente en mille endroits où l'on ne voudrait voir que le mot de péché. Le sermon sur le Petit nombre des élus, son chef-d'œuvre, découragerait même les saints. Il n'y a pas de paix possible pour qui l'a lu avec foi. Où fuir en effet, où se cacher? Je ne sache que le quiétisme pour recueillir le fidèle épouvanté par cette impossibilité d'être sauvé. Il n'y a plus qu'à s'offrir à la maladie qu'on ne peut pas guérir, à courir au-devant d'une condamnation qu'on voit inévitable. Qui sait si les derniers quiétistes ne se recrutèrent pas parmi les auditeurs encore tremblants du sermon sur le Petit nombre des élus ?
Ces excès de la morale de Massillon parurent à beaucoup de gens des éclats de zèle indiscret, ou.
ce qui est plus fâcheux ^ des figures d'éloquence. Le danger d'une morale outrée , c'est de ne pas nous convaincre des crimes dont elle nous accuse , et de nous laisser dans un doute plus favorable à la rechute qu'au repentir. En nous ôtant la force de contenter une doctrine si exigeante , elle nous en ôte jusqu'à l'envie. Je vois les mondains de la Régence, au sortir de ces sermons foudroyants, souriant des duretés de ce prêtre si doux, et tout prêts à se trouver innocents par l'impossibilité de se croire si coupables. Tel est l'effet de toute morale exagérée. La morale, même chrétienne, ne doit pas nous demander plus que nous ne pouvons, sous peine d'obtenir moins que nous ne devons. Ce qu'on dit de l'excès du droit, qui n'est que la suprême injustice, est vrai de la morale outrée; elle peut corrompre une âme faible en lui rendant la vertu inaccessible.
N'est-il pas singulier que les grands docteurs devanciers de Massillon aient été plus doux que lui pour le pécheur? Combien qui croient le contraire, et à qui Massillon paraît à la fois un théologien plus traitable et un morahste plus indulgent ! Il ne faut pas cependant que ce nom aimable et populaire fasse tort à Bossuet ni à Bourdaloue. Le propre de leur morale est de se proportionner aux forces humaines. L'innocence à laquelle ils nous invitent n'est interdite à personne. Ils pensent moins à nous épouvanter qu'à nous tenir en inquiétude sur nousmêmes, et rhonnête hoiDme, ne le fùt-il que selon
k monde, ne trouve rien dans leurs prescriptions que sa conscience ne lui ait conseillé.
L'exagération du moraliste dans Massillon n'est pas seulement une sorte de compensation de ce qu'il retranchait au dogme ; je crains d'y voir une habitude de rhéteur. Le rhéteur n'a pas la véritable invention qui consiste dans les raisons moyennes; il veut frapper fort, et il cherche dans les choses outrées la force que l'orateur trouve dans les choses justes. S'il est homme de bien et qu'il prêche la morale, je m'attends à ce qu'il soit terrible. Il accablera les gens de son innocence; il aura des haines de tête contre les vices dont sa pureté l'a préservé, et il s'en fera des images d'autant plus affreuses, qu'il ne les aura pas même connus par la tentation. Il insultera les pécheurs ; il leur jettera la malédiction et l'anathème; la chaire chrétienne retentira d'expressions violentes. Trop souvent le doux évêque de Clermont nous apparaît avec l'épée de l'ange exterminateur à la main.
Outre cette violence innocente, la composition, le langage, tout dans les sermons de Massillon trahit le rhéteur. La Harpe, qui le loue beaucoup trop * , a cependant dit le mot qui caractérise
^ C( Un charme d'élocution continuel, une harmonie enchanteresse, un choix de mots qui vont tous au cœur, un pathétique entraînant, douceur, dignité, grâce, sévérité, onction, surprenante richesse de développements; art de pénétrer dans les plus profonds replis du cœur humain ; le Racine de la chaire et le Cicéron de la France. »
justement sa manière de composer; ce mot^ c'est l'amplification. L'amplification est l'éloquence des rhéteurs. Il ne faut pas la confondre avec le développement : développer est un art, amplifier n'est qu'un procédé.
Bourdaloue nous ofî*re un beau modèle de l'art de développer. Il ne tire du sujet que des idées importantes; aucune qui soit de trop;, ou qui n'ait avec l'objet du sermon le rapport du chemin au lieu où l'on va. Son ordre n'est pas cet arrangement artificiel qui fait passer les petites raisons avant les grandes, et qui prétend amorcer l'auditeur avant de le prendre. Il n'use d'aucune raison qui ne soit, en son lieu, la raison capitale, dans un raisonnement qui croulerait si elle était fausse. Il développe les choses par leur fond; Massillon amplifie. Le premier voit son sujet, il le circonscrit et le traite à fond; le second le cherche encore après y être entré, et, en courant un peu au hasard après ses richesses naturelles, il suscite d'autres sujets qui étoufî*ent le principal, comme les branches gourmandes qui épuisent l'arbre à fruit. De vaines subdivisions où il a renchéri sur la subtilité de Bourdaloue ^ , servent à marquer l'ordre du discours, et sont comme des jalons plantés à l'aven-
* Ainsi, dans le sermon sur la Conception de la Vierge^ il admire dans Marie C( la fidélité de précaution et la fidélité de correspon- . dance, y) et dans cette seconde sorte de fidélité, C( une correspondance de perfection, une correspondance d'état, une correspondance de persévérance. »
ture dans un terrain vague et sans bornes. Cette incertitude du premier dessein se fait sentir dans l'exécution; souvent les idées s'y pressent plutôt qu'elles ne se suivent. La plus forte vient avant la plus faible^ et la même se reproduit plusieurs fois sous des mots différents. Tantôt le discours ^ après avoir fait un pas en avant ^ recule; tantôt il tourne sur lui-même. Cependant un certain mouvement le précipite; mais c'est comme la mer dans une décoration de théâtre : ces flots-là ne vont à aucun
rivage.
Le style de M^ssillon a tous les défauts de l'amplification; les figures de mots y abondent, et en particulier celles qui simulent la véhémence. La phrase y affecte presque exclusivement la forme d'une période dont les membres se font équilibre^ quelquefois par le poids des idées ^ trop souvent par le nombre et le son des mots. Les paroles suscitent les choses 5 à peu près comme dans certaines poésies les rimes appellent les vers. Le bel esprit trouve à s'y mêler^ et ses vaines fleurs, semées parmi tant de pieuses invectives, montrent que le désir de corriger l'auditoire ne fait pas négliger à l'orateur le soin de lui plaire K
1 II dit des grands : C( La nature toute seule a environné leur âme d'une garde d'honneur et de gloire. )) Et quelques lignes plus haut : oc Un sang plus pur s'élève plus aisément ; il en doit moins 'coûter de vaincre les passions à ceux qui sont nés pour remporter des victoires. » Il dit de leurs craintes : c( Exempts de maux réels, ils s'en forment même de chimériques , et la feuille que le vent agite est comme la montagne qui va crouler sur eux, » Et ailleurs :
Que dans des sermons où le dogme a presque honte de se montrer, où la morale est excessive et la composition artificielle, où le prédicateur n'oublie pas qu'il parle devant des admirateurs de Fontenelle et de Lamotte, la langue ait fléchi, qui s'en étonnerait? Cette langue, si hardie, si colorée dans Bossuet, si saine, si exacte dans Bourdaloue, Massillon l'a gâtée. Les nuances douteuses qu'il y prodigue rétendent comme l'amplification étend le sujet en l'énervant, ou comme l'eau étend le vin en lui ôtant sa force.
Sans insister sur ce que le génie de la langue trouverait à y redire, on se heurte, dans Massillon, à deux défauts communs à tous les rhéteurs dans toutes les langues, l'impropriété spécieuse et la fausse précision. Pour un esprit attentif, ce sont des défauts bien autrement graves que les grosses fautes ; car les grosses fautes ne trompent personne. La fausse précision, l'impropriété spécieuse, nous font illusion. On s'imagine que beaucoup de finesse doit se cacher sous des termes qui expriment plusieurs choses à la fois, et que c'est la langue qui a fait faute à l'auteur. J'y verrais plutôt le contraire. C'est pour n'être pas tombé juste
<( Voici ce qu'on découvrait de certains héros vus de près. L'homme désavouait le héros ; leur réputation rougissait de la bassesse de leurs mœurs et de leurs penchants ; la familiarité trahissait la gloire de leurs succès. )) Il dit de certains établissements religieux, que <( le vice sauvé du naufrage y trouve un port heureux, » et qu'ils <( mettent la postérité dans les intérêts )) des princes qui les ont fondés.
sur ce qu'il avait à dire^ qu'il a dit plus, ou qu'il a dit autre chose.
Cette corruption de l'éloquence religieuse n'est nulle part plus marquée que dans le Petit Carême. On regarde pourtant ce petit livre comme le chefd'œuvre de Massillon. Est-ce parce que les sermons y sont plus courts? Est-ce sur la foi de l'estime qu'en faisait Voltaire qui le copia, dit-on, plusieurs fois de sa main, et qui l'avait toujours sur sa table avec Atkalie^? On lit si peu les sermons, qu'il se peut bien qu'on se prenne d'admiration pour ceux qu'on a lus jusqu'au bout. Et qui s'aviserait d'ailleurs de ne pas trouver bons des sermons recommandés par Voltaire?
Massillon gagnerait, ce semble, à ce que le Petit Carême ne passât point pour son plus beau titre. Voltaire, bien que d'un goût si sûr, ne voit pas toujours juste. Il s'en faut qu'il soit infaillible dans ses jugements sur Corneille. Sur Pascal, il ne s'est pas trompé seulement par passion antichrétienne. Enfin n'a-t-il pas dit de Tacite : « C'est un fanatique pétillant d'esprit-? 5) Il y a bien de la rhétorique dans les tragédies de Voltaire. La prédikction pour le Petit Carême ne trahit-elle pas une complaisance secrète du rhéteur en vers pour le rhéteur en prose? Est-ce l'éloquence qu'il y goûtait, et non pas plutôt l'habileté du langage et le tissu souvent plus précieux que Tétoffe ? Les
^ D'Alembert, Éîoge de Massillon.
2 Lettre à M"'« du Deffant, 30 juillet 1768.
grands écrivains ont quelquefois la superstition de l'artiste pour la façon ; le bien-dire les touche presque plus que le vrai ; ils nous laissent à nous le soin de le démêler parmi ces merveilleuses adresses de l'art, dont ils sont quelquefois épris jusqu'à en être dupes.
Les belles qualités qu'on peut louer dans le Petit Carême sont mêlées, dans VAventj de moins de défauts. A l'époque où il prêchait VAventj Massillon était plus près des exemples de Bossuet et de Bourdaloue, et la chaire d'oti celui-ci venait à peine de descendre était encore remplie de cet esprit de religion sévère, et de ce grand goût qui avait fait du prédicateur le directeur des esprits non moins que des consciences. Massillon avait encore à ses sermons le grand auditeur à qui successivement Bossuet et Bourdaloue avaient fait plus aimer la vérité qui corrige que le bel esj)rit qui amuse. Après la mort de Louis XIV, parlant à une cour occupée d'intrigues et de plaisirs, charmée des premières hardiesses de cette philosophie qui devait lui être si meurtrière, il crut qu'il fallait rendre le sermon agréable pour rendre la religion efiacace. Dans ses duretés contre les courtisans, il laissa se glisser l'esprit de cour, et fit admirer aux grands la main habile qui leur portait des coups encore innocents. En les accablant, il les amusa. Plus d'un de ces grands criminels, comme il les appelait, dut lui dire de ses sermons : c( Mon père^ il y a plaisir à être damné par vous. »
Mais, même dans le Petit Carême, le rhéteur, en plus d'un endroit, redevient orateur. Au lieu de l'amplification oratoire, nous avons la vraie éloquence. La chaleur descend de la tête au cœur, les fortes raisons se succèdent et s'enchaînent dans un ordre naturel ; la stérile abondance du procédé fait place à la fécondité de l'invention; on est ému, on sent quelque chose de ce trouble où nous tient Bossuet tant qu'il parle ; on devient attentif comme à la vigoureuse dialectique de Bourdaloue. Je reconnais là les traditions d'un grand art. Ajoutez-y les qualités personnelles de Massillon, surtout la facilité qui répand tant de grâce sur les parties solides de ses discours. Par cette facilité aimable, par certains ressouvenirs de la poésie antique, Massillon ressemble à l'archevêque de Cambrait Cette abondance de motifs rappelle les conseils un peu longs de Mentor à Télémaque. C'est la physionomie de l'homme, et il ne faut pas oublier que cet homme fat un des meilleurs et des plus doux de son temps. Sévère seulement du haut de sa chaire, et, comme il arrive, d'autant plus timide dans la conduite, celui qui avait supprimé les degrés dans les fautes, et pour qui tout était crime, consentait à sacrer l'abbé Dubois.
Telle est l'histoire du sermon à ses trois époques. En perfection dans Bossuet, dans Bourda-
1 On rencontre souvent dans Massillon C( les noirs soucis, les noirs chagrins, » et beaucoup d'autres figures de ce genre, prises à Fénelon, qui les avait prises lui-même à l'antiquité.
loue il se soutient; il fléchit dans Massillon. Mais peut-être faut-il oublier ces différences^ et savoir se placer au-dessus des scrupules du goût, pour porter un juste jugement sur ce magnifique recueil de nos sermonnaires , monument unique dans l'histoire des lettres, sans modèle comme sans égal chez les autres nations chrétiennes.
Dieu seul sait ce que tant de conseils de direction, tant de révélations sur le cœur humain, tant d'adresse et d'insinuation pour j pénétrer, tant d'autorité pour forcer les hommes à y lire et à se • voir en face, tant d'éloquence ou persuasive, ou véhémente, ou tendre, ont dû raffermir de conduites, réveiller de consciences languissantes, ouvrir de mains pour l'aumône, relever par le repentir d'âmes dégradées par la faute, adoucir de misères, guérir de blessures, et, le moment du dernier voyage arrivé, susciter de belles morts et envoyer d'âmes consolées à la source de toute miséricorde! Ne jugeons pas de cette morale par le mal qui a continué son cours malgré elle, mais par celui qu'elle a prévenu ou réparé. Par malheur, le mal qui se fait est le seul qui laisse un souvenir; l'histoire l'enregistre et amuse la curiosité humaine de ses scandales; le mal qui ne se fait pas n'est su que de celui qui seul connaît le nombre des bons et des méchants, et qui pèse les sociétés et les siècles. C'est faute de voir ce que le frein de la morale religieuse a empêché de mal, et pour n'avoir vu que ce qu'il n'en empêche pas, que Thomme en vient
à lui préférer, comme règle des mœurs , les trompeuses lumières de la raison individuelle.
Notre société, notre temps, en seraient-ils arrivés là? La morale de Bossuet, de Bourdaloue, de Massillon, n'y serait-elle plus la loi des consciences? Il faudrait trembler alors , car je ne sais pas quelle force spirituelle ferait vivre et prospérer une société où l'on ne croirait plus qu'à ces deux choses : la fin de la morale chrétienne et l'impossibilité de la remplacer ! i