‹ Histoire de la littérature française (volume 2)Chapitre 8 sur 58 · LE BON FONTENELLE · texte numérisé non relu

LE BON FONTENELLE

Le bon Fontenelle perce en plus d'un endroit sous le mauvais , dans le petit écrit sur les anciens et les modernes. La Fontaine avait dit :

On peut goûter la joie en diverses façons ,

Au sein de ses amis répandre mille choses,

Et, recherchant de tout les ejïets et les causes,

A table, au bord d'un bois, le long d'un clair ruisseau.

Raisonner avec eux sur le bon, sur le beau ;

et il ajoute :

Pourvu que ce dernier se traite à la légère.

Malice innocente et méritée contre les lourds traités des Bouhours et des le Bossu. Fontenelle suivit

ce conseil. Il raisonne sans pédantisme^ sinon sans fatuité, proposant, au lieu de préceptes, ces doutes de bon goût qui fâclient moins les contradicteurs qu'ils ne les font réfléchir. On sent dès ce temps-là rhomme qui aimera mieux la vérité que Terreur, mais qui préférera toujours ses aises à la vérité.

Le bon Fontenelle se montra tout à fait le jour où, entrant dans sa vraie voie, il eut l'idée d'initier le public aux vérités des sciences, de les mettre à la mode sans les abaisser. Les lettres françaises doivent à ce beau dessein deux ouvrages charmants^ la Pluralité des mondes et les Éloges des savants,

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