‹ Histoire de la littérature française (volume 2)Chapitre 112 sur 196 · GEUDIL. DUVOISIN, LE FRANC, DE BEAU.MONT, ETC · texte numérisé non relu

GEUDIL. DUVOISIN, LE FRANC, DE BEAU.MONT, ETC

les discussions métaphysiques avec un autre religieux, le P. Roche, cartésien, ont été hautement vantés par un illustre philosophe de nos jours' ; — ^ le P. Gerdil (1718-1801), originaire de Savoie, qui combattit la philosophie avec ses propres armes, démontra contre Locke l'immatérialité de l'âme par les mêmes principes dont le philosophe anglais s'était servi pour démontrer l'existence de Dieu, et attaqua les idées de J.-J. Rousseau sur la société et l'éducation par les raisonnements mômes de ce philosophe; — l'abbé Duvoisin (1744-1813), plus tard évoque de Nantes, qui défendit avec science et succès l'autorité de l'Ancien et du Nouveau Testament ^, et dont Napoléon disait à Sainte- Hélène qu'il avait des réponses pour toutes les difficultés des incrédules; — Le Franc de Pompign\n (171u-t790), archevêque de Vienne, qui Qt preuve, non seulement de zèle épiscopal, mais de talent sérieux, dans deux solides et spirituels ouvrages : V Incrédulité vaiiicue par les profiliétes, et l'Incrédulité convaincue par elle-même.

L'archevêque de Paris, Christophe de Beaumont (1703-1781), est aussi un de ces hommes de l'ancienne marque, selon le mot de Bossuet, qui tranchaient sur la masse du clergé dégénéré. Peu de prêtres ressentirent plus vivement les atteintes de ce feu sacré que Jésus-Christ est venu allumer au monde. De Beaumont était tout zèle pour l'Église et tout flamme pour ses ennemis. En toute occasion il signalait les entreprises des philosophes incrédules :

« De toutes parts, s'écriait-il, les livres, les discours, les exemples tendent à établir l'empire de l'incrédulité. Cette capitale, que vous habitez, ou que vous fréquentez, est devenue comme le centre des opinions perverses, des maximps antichrétiennes, des sophiimes impies, des entreprises manifestes contre l'Évangile. C'est là que règne celte fîère et profane philosophie, dont nous avons dévoilé quelques traits. Elle s'insinue en mille manières différentes ; elle répand son poison dans les livres de morale, dans les recherches sur la nature, dans les systèmes de politique, dans les brochures d'amusement, dans les relations de voyages, dans les pièces de théâtre, etc. Elle infecte les sociétés publiques et particulières, la jeunesse et l'âge mur, l'opulence et la médiocrité, les professions graves et les arts d'agrément. De là, comme d'une source aussi abondante que pernicieuse, sortent des ruisseaux empestés, qui se distribuent dans les villes de second ordre, qui pénètrent jusque dans les bourgades, et qui portent la contagion partout ^. »

Les cris furieux et les insultes des coryphées de l'irréligion n'étonnèrent jamais son courage, et jusqu'à sa mort il se tint vaillamment sur la brèche *.

^ Cousin, Cours d'histoire de la philos, mod. Cours de I81G, 19* leçon.

2 Voir V Autorité des Livres du Nouveau Testament contre les incrédules (1775) ; l'Autorité des Livres de Moise établie et défendue contre les incré'hdes (1778).

3 Mtmdement de Monseigneur l'archevêque de Paris, portant condamnation d'un livre qui a pour titre De l'Esprit, p. 23.

* Le clergé du dis-huitième siècle produisit encore de nombreux défenseurs

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