BERGIER, L'ABBÉ GUÉNÉE
Parmi tous ceux qui s'opposèrent avec foi et talent au débordement des doctrines téméraires et pernicieuses du philosophisnie, nous (levons distinguer l'abbé Bergier et l'abbé Guénée.
Nicolas Bergii;r (1718-1790), qui avait débuté dans la carrière des lettres en prenant part à des concours académiques, réfuta successivement d'Holbach, Helvétius, Raynal, Voltaire, J.-J. Rousseau, Burigny ou Fréret.
Il publia, dans l'Encyclopédie méthodique, pendant les années 1788 et suivantes, une nombreuse suite d'articles d'une orthodoxie irréprochable, qui composa son Dictionnaire théologique ; V Encyclopédie dite méthodique * était elle-même une série de dictionnaires spéciaux accolés ensemble.
V Apologie de la religion chrétienne, contre l'auteur du Christianisme dévoilé, peut être regardée comme le chef-d'œuvre du théologien de Besançon. Rien de plus clair, de plus solide, de plus lumineux que cette réfutation. En général, l'abbé Bergier, dans ses ouvrages apologétiques, se montre logicien. 11 raisonne partout avec force ; ses pensées, rigoureusement déduites les unes des autres, ne forment toutes ensemble qu'un tissu de préceptes solides et de conséquences incontestables. C'est un des vigoureux lutteurs du catholicisme. D'ardents ennemis de la religion lui ont eux-mêmes rendu un juste hommage en l'appelant « le plus savant apologiste chrétien du dix-huitième siècle ^. » Il ne lui a manqué que d'écrire d'une manière plus concise, plus correcte et plus attachante *.
Dans la personne de l'abbé Guénée (1717-1803), Voltaire rencontra enfin un contradicteur armé non seulement de science, mais d'esprit, capable tout à la fois de relever ses erreurs, et de le percer de ces
du christianisme qui auraient quelques titres à être cités dans un ouvrage dont l'objet serait moins particulièrement littéraire. Tels sont le P. du Hamel, l'abbé de Grillon, l'abbé Gérard, de Pressa, évêque de Boulogne ; le P. TouRNEMiNE, Iti bénédictin Dom Geîllier, Belzunce, évêque de Marseille ; l'abbé de Caveyrac, l'abbé de Feller, et plusieurs autres qui rendirent des services variés à la religion, et publièrent en sa faveur des ouvrages d'une utilité plus ou moins étendue.
' Commencée en 1781, elle ne fut achevée qu'en 1832 et forma ICG volumes et demi de texte. Outre l'abbé Bergier, elle eut pour rédacteurs des hommes spéciaux très distingués, tels que Vicq d'Azyr, Cassini, Monge, Quatremère de Quincy, Lemare, Condorcet, Lacretelle, Bossut, Ginguené, etc.
2 Proudhon, le Peuple, 24 mars 1839.
3 Les principaux ouvrages de ce savant et infatigable apologiste sont: Dictionnaire de théologie; — Le Déisme réfuté par lui-même [conXv^ Rousseau); — Certitude des preuves du Christianisme (contre Burigny) ; — Apologie de la religion chrétienne et réfutatio7i des prinduaux articles du Dictiuimaire philosop/nque (contre Voltaire) ; — Examen du matériatisme (contre d'Holbach) ; — Réponse aux Cons-ils raisonnahles (contre Voltaire) ; — Traité historique et dogmatique de la vraie religion.