MONTUCLA, EULER
qu'un vain nom i. » On négligea la philosophie pour les arts qu'on appelait scientifiques.
« Les méiliodes de calcul et do géométrie, celles de botanique et d'histoire naturelle, les formules, en un mot, et les dictionnaires occupent presque tout le monde; on s'imagine savoir davantage, parce qu'on a augmenté le nombre des expressions symboliques et des phrases savantes, et on ne fait point attention que tous ces arts ne sont que des échafaudages, pour arriver à la science, et non pas la science elle-même, qu'il ne faut s'en servir que lorsqu'on ne peut s'en passer, et qu'on doit toujours se défior qu'ils ne viennent à nous manquer lorsque nous voudrons les appliquer à l'édifice *. »
Dans la revue que nous allons entreprendre des vrais savants en tous ordres qui honorèrent le dix-huitième siècle, nous ne craindrons pas de franchir la limite des lettres pures, parce que nous nous sommes proposé pour objet de donner l'idée la moins incomplète possible de tout le mouvement intellectuel de cette active époque. Mais nous nous arrêterons de préférence aux savants dont les écrits ont marqué avec le plus d'éclat pour le mérite littéraire comme pour le mérite scientifique.
LES SCIENCES MATHÉMATIQUES; L'aSTRONOMIE, LA GÉOGRAPHIE; LA SCIENCE MILITAIRE. — MONTUCLA, ELLER , d'aLEMBEUT, CONDORCET, MADPEKTIIIS, LA CONDAMINE, LAGKANGE, CLAIRAUT, MAIRAN, LA CAILLE, BA(LLY, LALANDE, LAPLACE. — DE LISLE, LA MARTLMÈRE , LACROIX, d'eXPILLY, ROBERT, GRE.NET, IIENTELLE, DANVILLE , BUACHE, GOSSELIN, SAVARY, ETC. — FOLARD.
Nous devons commencer cet aperçu par les mathématiques et par l'astronomie ; car c'est l'honneur le plus incontestable du dix-huitième siècle d'avoir fait avancer toutes les branches de connaissances qui se rattachent aux sciences mathématiques.
MoNTucLA (172o-1799), dans son Histoire des mathématiques (17n8, 2 vol. ia-4°, et 1799-1802, 4 vol. in-i°), ouvrage non moins remarquable par la manière dont il est composé et écrit que par la science dont il est plein, a exposé, pour les hommes spéciaux, les progrès accomplis dans les sciences du calcul depuis les temps les plus reculés jusqu'à la fin du siècle dernier. C'est là qu'il faut aller chercher des renseignements précis et techniques sur des hommes et sur des matières que nous ne pouvons guère envisager ici que littérairement.
Le plus original et le plus fécond des mathématiciens du dixhuitième siècle fut un étranger, un Allemand, Léonard Euler (1707-
' Buffon, Hist. nat., t. I. Manière de traiter Ihistoire naturelle. « Ici., ibid.