BAILLY
dant, au dire de Lalande, il a lait h lui seul plus d'observations et de calculs que tous les astronomes ses contemporains réunis. Suivant Bailly, le caractère de l'abbé de la Caille était d'embrasser et de lier les connaissances acquises, de porter la précision partout, d'imaginer les recherches les plus délicates et de les suivre avec une sagacité éclairée, de tirer le plus grand parti des instruments perlectionnés et des vues nouvelles de géométrie ^
Après le célèbre astronome La Caille, vient naturellement Jean-Silvain Baillï (1736-1793), son élève. Dès que Bailly, très jeune encore, et d'abord porté à la poésie, eut eu le bonheur de rencontrer le grand observateur, sa vocation pour l'astronomie fut décidée, bientôt il se vit associé aux plus rudes et aux plus difficiles travaux du maître. Montcarville et Clairaut l'avaient déjà initié aux mathématiques.
Bailly servit l'astronomie par d'excellentes observations sur la lune, par un calcul exact de l'orbite de la comète de 1750, par un grand travail sur les satellites de Jupiter avec lequel il disputa à Lagrange, en 1764, le prix proposé par l'Académie des sciences*. Mais il compromit su réputation auprès des esprits sérieux par son goût pour les hypothèses vaines et téméraires.
11 avait composé de remarquables éloges académiques, et des nolices de savants parmi lesquelles on distingue celle sur La Caille et celle sur Leibnitz, lorsqu'il entreprit son grand ouvrage, l'Histoire de l'astronomie ancienne^. Dans ce tableau vaste et grandiose, conçu selon la manière des discours généraux de Buffon, il voulut, en se transportant aux temps où l'astronomie a commencé, rechercher comment les découvertes se sont enchaînées, comment les erreurs se sont mêlées aux vérités, en ont retardé la connaissance et les progrès; et, après avoir suivi tous les temps, parcouru tous les climats, montrer enfin l'édifice de la science fondé sur les travaux de tous les siècles et de tous les peuples. Le plan était beau, malheureusement l'auteur donna pour base au monument qu'il voulait élever une hypothèse chimérique.
En analysant les formules astronomiques des Tndous, alors très imparfaitement connues, Bailly fut amené à conclure qu'elles devaient être basées sur des observations réelles, mais que l'état présent et le caractère des Indiens ne permettaient pas de les considérer comme les découvertes originales de ce peuple. Dans l'astronomie actuelle de l'Inde, il ne vit que des débris d'une science plus ancienne et beaucoup plus parfaite. Suivant lui, une nation éteinte depuis longtemps,
t Éloge de l'abbé de La Caille.
* Son ouvrage, publié sous le titre d'Essai sur la théorie des satellites de Jupiter, ne put obtenir l'avantage sur son redoutable adversaire, mais attira sur lui l'attention des hommes spéciaux.
* Le tome I parut en )775; les suivants furent publiés en 1779, 1782, 1787.