‹ Histoire de la littérature française (volume 2)Chapitre 122 sur 196 · LAPLACE · texte numérisé non relu

LAPLACE

n'ayant que dix-neuf ans. Mauperluis le présenta à Frédéric qui s'étonna de voir un si jeune astronome, le fit recevoir membre de l'Académie de Berlin et nommer professeur d'astronomie. De retour à Paris en 17o3, il publia le résultat de ses observations, dans les Mémoires de V Académie des sciences, années 1751 et 1752. Dès lors il ne cessa d'approfondir la science où ses débuts avaient été si brillants.

Il écrivit de nombreux ouvrages. Le plus célèbre est son Traité d'astronomie, où, marchant sur les traces de Cassini, de Le Monnier et de La Caille, mais suppléant aux omissions de ces astronomes qui avaient trop négligé la partie pratique, il entreprit de rassembler en un seul corps tout ce qu'on savait d astronomie, sans omettre aucune branche de cette vaste science : on n'avait point vu de traité complet de cette nature depuis YAlmageste de Riccioli. Lalande utilise tous les travaux antérieurs, et son ouvrage présente un vaste répertoire de citations de tous les auteurs de quelque importance qui se sont occupés des sciences astronomiques.

Dans sa vieillesse, à la passion de l'astronomie il joignit celle de l'irréligion systématique. Cet ancien élève des Jésuites qu'il vénéra et défendit toujours se glorifiait hautement, pendant la révolution, aux réunions du Lycée, d'être athée, et criait de toute sa force qu'i7 n'y avait de vrais philosophes que les athées. 11 travailla au Dictionnaire des athées, et il signait quelquefois ses lettres : Lalande, doyen des athées.

Lapi.ace (1749-1827), bien plus sérieux et plus profond que Lalande, a fait de nombreuses découvertes qu'il a consignées dans d'immortels ouvrages, ou insérées dans les recueils de l'Académie ; il a présenté aux géomètres, avec un talent admirable, la marche de l'esprit humain dans l'invention des sciences; enfin il a su, tout en traçant l'histoire des grandes découvertes astronomiques, devenir un modèle d'élégance et de précision.

Après avoir longtemps enseigné les mathématiques à l'École militaire de Paris où d'Alembert l'avait fait nommer professeur, Laplace se mit, dans la pleine maturité de l'âge et du talent, à composer les ouvrages qui ont fait sa gloire, el qui furent la plupart termines ou commencés avant la fin du dix-huitième siècle. 11 donna, en 1784, la Théorie du mouvement elliptique des planètes, et, en 1785, la Théorie des attractions des sphéroïdes et de la figure des planètes. Sa plume féconde produisit encore, l'année suivante, un plus grand ouvrage, l'Exposition du si/stème du inonde, écrite avec une élégante simplicité et une pureté de langage dont il n'y avait point encore d'exemple dans cet ordre de travaux. Laplace expliquait ainsi l'objet qu'il s'était proposé :

« De toutes les sciences naturelles, l'astronomie est celle qui présente le plus long encbaînement de découvertes. Il y a extrêmement loin de la première vue du ciel à la vue générale par laquelle on embrasse aujourd'hui les états passés et futurs du système du monde. Pour y parvenir, il a fallu

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