‹ Histoire de la littérature française (volume 2)Chapitre 126 sur 196 · L'ABBÉ PLUCHE · texte numérisé non relu

L'ABBÉ PLUCHE

français, renferme des notions simples et claires des principaux phénomènes de la physique, de l'histoire naturelle et des procédés des arts mécaniques. On y trouve, comme le résumait Lalande, « des peintures agréables, des conversations amusantes, des réflexions qui intéressent : la fraîcheur des ombres, le silence de la nuit, la douce lumière du crépuscule, les feux qui brillent dans le ciel, les diverses apparences de la lune, tout devient entre les mains de M. Pluche un sujet de peintures agréables ; il rapporte tout aux besoins de l'homme, aux attentions de l'Être suprême sur nos plaisirs et sur nos besoins, et à la gloire du Créateur : son livre est un traité des causes finales, autant qu'un livre de physique*. »

Peu d'ouvrages onf joui, dans leur nouveauté, d'une aussi grande ■vogue. Le Spectacle de la nature se voyait entre toutes les mains, et on le trouvait jusque sur les toilettes des dames.

Pluche le fit suivre, en t739, de V Histoire du ciel où Von recherche l'oriyine de l'idolâtrie^ et les méprises de la philosophie sur la formation et sur les influences des corps célestes. Comme on le voit par le titre seul, c'est ici un ouvrage de discussion philosophique et religieuse autant et plus qu'un livre d'astronomie. Il est divisé en quatre livres : le Ciel poétique, le Monde des philosophes, la Physique de Moïse, les conséquences de Vhistoire du ciel. L'auteur s'applique spécialement à montrer que de tous ceux qui ont fait des recherches sur l'origine et la structure du monde, en particulier sur la formation des étoiles et des planètes, Moïse est le seul dont la philosophie ne nous égare point, que l'expérience les dément tous, et dépose en faveur de Moïse seul, qui avait été instruit à l'école de celui qui a créé l'univers.

« Meltons ensemble, dit-il, nos plus fameux physiciens, comme Démocrito, Epicure, Lucrèce, Gassendi, Aristote et Descartes, avec la nombreuse famille des scolastiques. Plaçons tous ces grands maîtres en présence de Moïse, et faisons le parallèle de sa doctrine avec la leur: voici ce qui en résulte. C'est que, quand ces philosophes ont pris leur raison pour juge de la structure du monde que Dieu ne leur avait donné ni à construire, ni à gouverner, ni à comprendre, tout ce qu'ils ont imaginé chacun à part sur le chaos et sur la formation du monde est inutile, inintelligible, hors de notre portée, et évidemment démenti par l'expérience. Au contraire, ce que Moïse nous apprend sur la création ':st simple, plein de grandeur, parfaitement d'accord avec l'expérience de tous les lieux et de tous les âges 2. »

En établissant ce parallèle de la physique sacrée avec la profane, le religieux écrivain voulait apprendre à « connaître plus exactement la portée de la science humaine, et la ramener à sa mesure, comme aussi à son véritable objet, par l'étude des choses de pratique, et par le retranchement de tout ce qui nous égare, ou de ce qui nous passe ^. »

' Lalande, Astronomie, 2' éd., préf., p. V. 2 Hist. du ciel, 1. II, i.

» Ibid., Plan, p. XXX.

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