‹ Histoire de la littérature française (volume 2)Chapitre 183 sur 196 · LA CORRESPONDANCE DE VOLTAIRE · texte numérisé non relu

LA CORRESPONDANCE DE VOLTAIRE

Entre tant de recueils de lettres du dix-huitième siècle, la Correspondance de Voltaire est incomparable; c'est môme la correspondance la plus étendue qu'aucun homme d'aucun temps et d'aucun pays ait jamais entretenue, et c'est, à coup sûr, une des plus variées et des plus intéressantes qu'on saurait lire. Nulle part cet esprit étonnant, qui alliait tous les contraires, ne se développe si à son aise et ne se fait si bien connaître: aussi est-il regrettable qu'une grande partie de cette correspondance ait été détruite, notamment les lettres amoureuses et philosophiques qu'il avait écrites en si grand nombre dans son meilleur temps, à M™^ du Châtelet, sa divine Emilie, et dont la destruction paraît devoir être attribuée au jaloux Saint-Lambert. Dans ses lettres, Voltaire est tour à tour ou tout à la fois sérieux, vif, léger, brillant, poétique môme, bouffon, folâtre. On y admire tout ensemble le bon sens, la finesse, une verve inépuisable d'esprit, l'art de railler, l'art de louer, l'art de répondre aux louanges. On y voit un homme que toute question de littérature, que toute production intellectuelle intéresse, passionne, enthousiasme, et que les affaires, le positif de la vie, n'attachent pas moins, se partageant entre les lettres, la politique, l'agriculture, l'industrie, le commerce, et gardant en tout le même caractère, mettant à tout étonnamment d'action et d'entrain.

Tout le monde sait combien Voltaire est spirituel, vif et brillant dans sa correspondance. Il y apparaît de plus affectueux et plein d'imagination. Là cet homme si personnel et si frivole montre une chaleur d'âme dans ses affections privées, et un sentiment de la nature, qui n'ont rien d'apprêté ni d'atfecté.

Le style de Voltaire, généralement peu imagé, l'est beaucoup dans sa correspondance. Les lettres les plus ordinaires ont des passages d'un style très figuré. Dans une lettre à M. Bertrand, du 19 mars 1770, on rencontre cette image :

1 Lettre à d'Alemberf, 10 aug. 1767.

« La vérité porte la lumière dans les yeux de tous les hommes honnêtes, et brûle les yeux des tyrans. »

Il écrit à un de ses plus chers amis, à propos de la Voltairomanie de Desfontaines, qui venait de paraître :

«Adieu. Malgré tous ces orages, j'aime les beaux-arts plus que jamais. Les serpents que je rencontre aux bords de l'Hippocrène ne m'empêchent point de boire '..»

Cet écrivain qui, généralement, évite avec tant de scrupule de mêler à sa prose les ornements poétiques, aime à prodiguer ici les comparaisons et les métaphores. Il écrira, par exemple, à Frédéric :

« Je vous envoie de mes vers. Monseigneur, et vous m'honorez des vôtres. Cela me fait souvenir du commerce perpétuel qu'Hésiode dit que la te:re entretient avec le ciel : elle envoie des vapeurs, les Dieux rendent de la rosée. Grand merci de votre rosée, Monseigneur; mais ma pauvre terre sera incessamment en friche. Les maladies me minent, et rendront bientôt mon champ aride -, mais ma dernière moisson sera pour vous. »

Et un peu plus loin :

f En nageant dans cette mer d'incertitudes, et n'ayant qu'une petite branche où je me tiens, je me donne bien de garde de reprocher à mes comjagnons les nageurs que leur petite branche est trop faible : je suis fort aise, si mon roseau vient à casser, que mon voisin puisse me prêter le sien*. »

Cette correspondance renferme un certain nombre de descriptions qui peuvent être données comme des modèles du genre. Telle est cette esquisse d'une de ses maisons de campagne :

« J'ai une maison assez agréable à Lausanne ; j'y vois de mon lit ce beau lac, qui baigne cent jardins au-dessous de ma terrasse, qui forme à droite et i gauche un canal de douze lieues, une mer tranquille vis-à-vis de mes fenêtres, et qui arrose les campagnes de la Savoie, couronnées des Alpes dans le lointain. Le Grand-Turc est jeune, vigoureux, et a autant de filles qu'il veut. Sans ce petit avantage, je ne lui envierais rien. Je passe l'hiver à Lausanne, nous y jouons la comédie, et quelquefois assez bien. Ensuite, nous allons passer la belle saison dans l'autre ermitage des Délices, où nous trouvons la troupe de Lemoine. Le petit ermitage des Délices me plaît encore plus q^e Lausanne. Le paysage est moins vaste, mais beaucoup plus pittoresque. Quelques livres dans ces deux retraites, quelques bouteilles de vin de M. Lebault, votre compatriote, et de temps en temps bonne compagnie, voilà, de quoi ne pas regretter Paris.

Omitto mirari beatae Fumum et opes strepitumque Romae '. i

» Lettres inêd., à M. d'Argental, 12 janv. 17-39.

* Lettre du 8 mars 1738.

3 Voltaire et le présid. de Brosses. Lettres inéd.,k M. de-Ruffez, 12 janv. 17.58

Pour avoir une idée du style pittoresque de Voltaire, il faut lire aussi la charmante description qu'il fait au peintre Watelet de la vue de sa maison des Délices, dans une lettre du 25 avril 17 GO. [Lettres inéd.)

Voici un passage où brillent à la fois l'esprit, l'imagination et le bon goût:

« Vous n'avez au Théâtre-Français que des marionnettes, et dans Paris que des cabales. Mes anges 1 mes pauvres anges ! le bon temps est passé : voua avez quarante journaux et pas un bon ouvrage, la barbarie est venue à force d'esprit. Que Dieu ait pitié des Welches ! mais aimez toujours le vieux malade qui vous aim^, et plaignez un siècle où l'Opéra-Comique l'emporte sur Arniide et sur Phèdre. Vous vivez au milieu d'une nation égarée qui est à table dppuis quatre-vingts ans, et qui demande sur la fin du repas de mauvaises liqueurs, après avoir bu au premier service d'excellent vin de Bourgogne • . »

La Correspondance de Voltaire est unique. Tous les genres d'esprit, toutes les qualités littéraires s'y trouvent représentées. Ses beautés sont innombrables, ses taches légères et clair-semées. A peine si parmi tant de lettres de tout ordre, de toute espèce, on pourrait relever comme le défaut le plus fréquent de l'universel épistolier cette recherche complaisante des effets de l'antithèse, si contraire à la manière habituelle de Voltaire dans ses Contes et dans ses livres d'histoire. Mais, au point de vue des principes et de la morale, que de reproches bien autrement graves faudrait-il adresser à cette trop volumineuse Correspondance. C'est là que débordent avec le moins de retenue toutes les passions de Voltaire, et surtout la passion antireligieuse. C'est là qu'on voit le solitaire de Ferney diriger de loin, exciter, enflammer par tous les moyens le parli dont il est le chef suprême. Car il ne veut pas qu'on soit philosophe pour soi, il lui « faut des gens qui le soient pour les autres, des philosophes qui en fassent, des esprits qui répandent la lumière, qui rendent le fanatisme exécrable. » C'est là qu'on saisit jour par jour l'effrayant progrès de son impiété qui se tourne enfin en une rage furieuse. C'est là qu'à partir de 1760 on l'entend crier sans répit à ses disciples : « Écrasons l'infâme. »

VOLTAIRE ÉCRIVAL't POLITIQUE.

Les bornes de cette étude ne nous permettent pas de parler, même en peu de mots, de tous les ouvrages de ce fécond et intarissable écrivain, et si nous abordons ses écrits politiques, c'est pour en indiquer simplement et brièvement, sans nomenclature, le caractère général.

Au milieu de sa gloire littéraire, Voltaire ambitionna les honneurs politiques d'Addison et de Prior. L'éclat de ses doctrines le força d'y renoncer; mais il avait de rares aptitudes pour les affaires, et le pouvoir d'alors l'eût accueilli volontiers, sans demander de grand» sacrifices à ses opinions.

» Lettre à Thibouville, 20 mars 1775.

Ce précurseur de la révolution était généralement favorable à la monarchie absolue ; dans le Siècle de Louis XIV, il fait ressortir avec une complaisance toute particulière les avantages et la supériorité que ce gouvernement donne au roi de France sur ses rivaux. Mal disposé pour les parlements et les pouvoirs intermédiaires, plein de mépris pour le peuple, qu'il appelait le sot peuple, la vile canaille, qu'on devait maintenir dans l'ignoran e, et « séparer des honnêtes gens pour jamais », il n'était guère partisan du système des démocraties antiques, et se tenait bien éloigné de « ces idées d'égalité, d'indépendance, et de toutes ces chimères qui ne sont que ridicules' », imaginées par J.-J. Rousseau.

La constitution anglaise elle-même et sa forme de gouvernement pondéré ne lui inspiraient qu'une médiocre admiration. Cet homme, qu'on vit prodiguer aux rois des adulations sans dignité, eût adoré, célébré sur tous les tons l'autocrate qui eût réformé la religion, le clergé et les cours souveraines. Tout ce que voulait cet esprit beaucoup plus aristocratique que libéral, c'était Tunité du pouvoir dans les mains de la puissance civile. S'il avait pu réussir dans ses souhaits, il aurait reconstruit le monde païen.

Telle est, malgré certains élans généreux de liberté et de dignité humaine, la tendance générale qui perce dans la vie de Voltaire, comme dans tout ce qu'il a écrit touchant la politique et le gouvernement.

VOLTAIRE CRITiQUE LITTÉRAIRE.

Dans le Siècle de Louis XIV, le Temple du goût, YEssai sur la poésie épique, dans les préfaces de ses tragédies, dans plusieurs articles du Dictionnaire philosophique , dans des pièces volantes écrites au rapide trait de la plume, enfin dans sa Correspondance, Voltaire a fait preuve d'un sens littéraire exquis et d'une merveilleuse faculté de critique. Connaissant un peu les principales langues modernes de l'Europe, un des premiers, il a donné l'exemple de la critique comparée, appliquée au théâtre, et il a enseigné comment elle se doit pratiquer, dans ses Conseils à un journaliste, sur la philosophie, l'histoire, le théâtre, les pièces de poésie, les mélanges de littérature, les anecdotes littéraires, les langues elle style, où il se proposait de montrer comment la sage et saine critique ^ourva-it perfectionner encore le goût des Français, et peut-être de V Europe : morceau parfait qui suffirait à placer Voltaire au premier rang de nos critiques.

Malheureusement — en cette matière non plus qu'en toute autre — ce n'est pas un guide sûr à qui l'on puisse toujours se fier. Ses passions pervertissaient son goût naturel, et ses appréciations se ressen-

' Lettre au duc de Richelieu, 13 février 1771.

talent trop souvent des préoccupations et des préjugés avec lesquels il lisait. Montesquieu disait à ce sujet :

« Quant à Voltaire, il a trop d'esprit pour m'entendre : tous les livres qu'il lit il les fait, après quoi il approuve ou critique ce qu'il a fait '. »

Heureux quand la mauvaise foi et le parti pris ne s'en mêlaient pas I Mais il savait se dédommager dans le particulier des éloges que lui îirrachait l'esprit de parti, si l'on en croit cette conversation rapportée par le prince de Ligne :

« Le piu.nce. — Il y a quelques gens de lettres dont vous paraissez laire du cas.

«Voltaire. — Vraiment il le faut bien; d'Alembert, par exemple, qui, faute d'imagination, se dit géomètre ; Diderot, qui, pour faire croire qu'il en a, est enflé et déclamateur; et Marmontel dont, entre nous, la poétique est inintelligible ^ »

Une autre cause empêchait Voltaire de s'élever haut dans la critique. Il manquait|'du sens des beautés supérieures, et la grandeur des chefs-d'œuvre les plus sublimes lui a presque complètement échappé. A ses yeux, la poésie de la Bible est du galimatias, Homère est un beau parleur ^, la Divine Comédie du Dante est un salmigondis qu'on a pris pour un beau poème épique, les tragédies de Shakespeare sont des farces monstrueuses. [Inutile [de rappeler ses erreurs de jugement touchant Corneille , La Fontaine, Molière, |et plusieurs autres . Ce « grand ren verseur de piédestaux », comme l'appelait Diderot, a voulu abattre des statues plus solidement assises que la sienne. H s'est encore plus souvent égaré en parlant des arts dont il ne possédait pas le goût. Il a lui-même avoué qu'il n'avait pas le sentiment des beautés de la peinture et de la musique. En cela il était inférieur à Rousseau comme à Diderot.

LES DERNIÈRES ANNÉES DE VOLTAIRE. — LES QUESTIOKS ENCYCLOPÉDIQUES» — LE DICTIONNAIRE PHILOSOPHIQUE.

La vieillesse de Voltaire est un prodige unique. Septuagénaire, il travaille comme un jeune homme avide d'établir sa réputation. Plus il approche de la tombe, plus son activité semble redoubler, plus il poursuit avec passion ce qui avait été le but de toute sa vie. A soixante-dix ans, il entreprit, d'abord sous le titre de Questions encyclopédiques, et ensuite sous celui de Dictionnaire philosophique, de refaire

t Lettre à l'abbé de Guasco, 8 août 1752. * Le Prince de Ligne, Mél., t. X, p. 262.

2 Voltaire critiquait d'autant plus sévèrement le chantre de VIliade qu'il ne savait pas le grec.

à lui tout seul l'Encyclopédie : il en publia, en neuf volumes, cinq cent quatre-vingt-cinq articles.

Après ce que nous avons déjà dit de ce dictionnaire soi-disant philosophique, nous n'entrerons point dans le détail immense et rebattu des erreurs et des mensonges dont il est rempli. Là il se prend à tout, il attaque tout.

n Ancienne histoire, ancienne astronomie, ancienne physique, ancienne médecine, ancienne géographie, ancienne métaphysique : tout cela n'est qu'ancienne absurdité qui doit faire sentir le bonheur d'être né tard*. »

En conséquence, il prétend tout détruire et tout reconstruire ; et, en réalité, il ne fait que réunir ses traits les plus envenimés contre la religion, la morale et la société.

Celte pernicieuse polygraphie se vit justement proscrite chez tous les peuples de l'Europe; mais elle continua de circuler dans les ténèbres. Elle fit immensément de mal et elle en fera encore, parce que, outre l'attrait de l'impiété, de l'immoralité, du rire sceptique qui n'épargne rien, elle offre celui d'une langue séduisante de verve, d'entrain, d'esprit, et de toutes les qualités qui rendent Voltaire incomparable, r4'est un des ouvrages où il fit le plus funeste mais le plus brillant usage de son multiforme talent de prosateur.

QUELLE RÉVOLUTION VOLTAIRE AVAIT OPÉRÉE OU PRÉPARÉE A LA FIN DE SA VIE.

« Il ne faut que cinq ou six philosophes qui s'entendent pour renverser le colosse, » écrivait Voltaire à d'Alemberl, le 6 décembre 1707. 11 en eut un bien plus grand nombre à ses ordres, et il les trouva singulièrement dociles à sa voix et à ses inspirations. Le zèle des disciples fut grand, mais il ne put jamais égaler l'activité du maître. Aussi, dans l'œuvre commune, la part capitale lui revient-elle.

11 est bien vrai que son action était fort empêchée par les nombreux arrêts du parlement ou du conseil dont ses ouvrages étaient frappés. Les amis de l'auteur et les lettrés pouvaient seuls se procurer facilement de rares exemplaires des livres proscrits, et, avant la Révolution, la France entière ne connaissait guère des œuvres de Voltaire qu'un certain nombre de tragédies et quelques volumes d'histoire ; mais ses idées, sinon toujours ses livres, se communiquaient de proche en proche, jusqu'aux derniers recoins du royaume. Partout il comptait des prosélytes et des propagateurs. Et, longtemps même avant sa mort, il pouvait se réjouir, il triomphait. L'inf. était tombée dans le plus profond mépris chez tous les honnêtes gens de l'Europe. Et, disait-il,

1 Dictionn. philos., art. Axb.

« c'était tout ce qu'on voulait et tout ce qui était nécessaire. On n'a jamais prétendu éclairer les cordonniers et les servantes : c'est le partage des apôlres *. »

« Bénissons, disait-il encore, cette heureuse révolution qui s'est faite dans l'esprit de tous les honnêtes gens depuis quinze ou vingt années; elle a passé mes espérances. A l'égard de la canaille, je ne m'en mêle pas ; elle restera toujours canaille. Je cultive mon jardin, mais il faut bien qu'il y ait des crapauds ; ils n'empêchent pas mes rossignols de chanter *. »

Il vit, dans son dernier séjour à Paris, de nombreuses et signalées « preuves du progros que la philosophie avait fait enfin dans toutes les conditions ». Ainsi, tandis que trente ans auparavant on regardait Constantin et Théodose comme les modèles des princes et même des saints, il entendit applaudir avec des transports inouïs, dans sa tragédie d'Irène, aux vers où Constantin et Théodose s'appelaient des tyrans superstitieux. Il n'était rien qui dès lors ne lui parût possible, même de faire prononcer à Paris le panégyrique de l'empereur Julien. Dans le transport de sa joie, il écrivait à Frédéric qu'il qualifiait de vainquair de la superstition :

« 11 est donc vrai, Sire, qu'à la fin les hommes s'éclairent, et que ceux qui se croient payés pour les aveugler ne sont pas toujours les maîtres de leur crever les yeux 3. »

Et cette révolution dans les esprits. Voltaire ne la voyait pas s'accomplir seulement en France. Elle s'étendait, disait-il, depuis Naples jusqu'à Moscou *. Elle avait particulièrement atteint les pays où il avait séjourné.

« Il n'y a plus dans la ville de Calvin que quelques gredins qui croient au substantiel. On pense ouvertement comme à Londres, ce que vous savez est bafoué 5. »

A Genève, les livres les plus philosophiques étaient entre les mains de tous les artisans ; on ne pouvait voir passer un prêtre dans les rues sans rire *.

Le malheureux! ses vœux étaient accomplis, son espoir même dépassé ; mais sa joie ne durera pas jusqu'au bout. Il finira comme un criminel que le remords torture. D'après le témoignage non suspect du médecin Tronchin, il mourut dans un état affreux de désespoir et

* Lettre de Voltaire à d'Alembert, 2 sept. 1768.

* Lettre au même, 4 juin 1767.

3 Lettre du 1" avril 177 8.

* Lettre à d'Alembert, 15 cet. r66.

5 Lettre à d'Alembert, 28 sept. 1763.

* Lettre au même, 30 sept. 1767. — Voir encore, dans une autre lettre à d'Alembert, sept. 1764, le récit d'un souper de neuf ou dix philosophes chez Voltaire, à Ferney.

de démence, l'âme remplie de rage et agitée de toutes les fureurs d'Oreste ^ Outre la terreur de l'éternité, s'avouait-il, au fond de sa conscience bourrelée, que ce genre humain qu'il s'était tant flatté ^ d'aimer aurait plus de sujets de maudire que de bénir sa mémoire?

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