‹ Histoire de la littérature française (volume 2)Chapitre 39 sur 196 · LE MARQUIS, M. MATHIEU · texte numérisé non relu

LE MARQUIS, M. MATHIEU

LE MARQUIS, h part Voilà apparemment mon liomme. Je le tiens.

M. MATHIEU, à part.

C'est lui, je pense. Qu'il vienne, qu'il vienne.

LE MARQUIS

Monsieur, de grâce, n'êtes-vous pas M. Mathieu? H. MATHIEU, brusquement.

Oui, monsieur. {A part.) Nous allons voir.

LE MARQUIS

Et moi, monsieur, le marquis de Moncade. Embrassons-nous. M. MATHIEU, brusquement, en se laissant embrasser. Monsieur, je suis votre serviteur. (A part.) Tenons bon.

LE MARQUIS

C'est moi qui suis le vôtre, ou le diable m'emporte.

u. MATHIEU, à part. Voilà de nos serviteurs!

LE MARQUIS

Et je viens de chez vous pour vous en assurer. Ma bonne fortune na pas permis que je vous y trouvasse. Je vous ai attendu, et j'y serais encore, si vos gens ne m'avaient dit que vous veniez d'entrer ici.

M. MATHIEU, à part.

Il vient de chez moi.

LE MARQUIS

Que je vous embrasse encore. (// embrasse une seconde fois M. Mathieu.) Vous ne sauriez croire à quel prix je mets l'honneur de vous appartenir. Mais ayez la bonté de vous couvrir.

M. MATHIEU

J'ai trop de respect.

LE MARQUIS, Vinter rompant.

Eh! ne me parlez point comme cela. Couvrez-vous. Allons donc ; je le veux.

M. MATHIEU

C'est donc pour vous obéir. {A part.) Il croit avoir trouvé sa dupe.

LE MARQUIS

Mon cher oncle, souffrez par avance que je vous appelle de ce nom, et daignez m'honorer de celui de votre neveu.

M. MATHIEU

Oh ! monsieur le marquis, c'est une liberté que je ne prendrai point. Je sais trop ce que je vous dois.

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