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LES GRAMMAIRIENS ET LES PHILOLOGUES

d'ordinaire la morale aussi bien que l'art. Là écrivaient Daunod, Dds-

SACLT, FONTANES, GhÊNEDOLLÉ.

LES GRAMMAIRIENS ET LES PHILOLOGUES. — LE P. BUFFIER, RESTAUT, DE WAILLT, GIRARD, DOMARSAIS, BEADZÉE, ROUBADD, LE PRÉSIDENT DE BROSSES, COURT DE GÉBELIN, ANQDETIL-DCPERRON, DUCL03, DOMERGUE, SICARD, ETC.

Au dix-huitième siècle, de nombreux auteurs, marchant sur les traces des écrivains de Port-Royal et des Dangeau, des Lamy, des Régnier-Desmarets, approfondirent la science des faits grammaticaux, creusèrent les principes généraux du langage, s'appliquèrent à fixer les règles qui, suivant une expression de l'abbé Girard, « ne sont que l'usage attentivement considéré et rendu méthodique »; la grammaire ne doit être en effet que le code des décisions de l'usage. Malheureusement trop de grammairiens du dernier siècle en ont fait une législation arbitraire, quand elle ne devait être qu'une constatation rigoureuse. Ils ont trop souvent contraint la langue sous des lois aussi étroites que hasardées. Grâce à quelques forts grammairiens de la fin du dix-septième siècle et de l'époque suivante, la langue a gagné en vigueur et en exactitude ; mais, par leur faute aussi, elle a beaucoup perdu en souplesse, en vive allure : la hardiesse créatrice qui caractérisait nos écrivains originaux a dégénéré en une froide correction grammaticale; la langue, de poétique qu'elle était, est devenue géométrique.

Le premier grammairien distingué qui se présente à nous, au commencement du dix-huitième siècle, est le P. Rcffier (1640-1737), le contradicteur habituellement judicieux, mais souvent de mauvais goût, de Régnier-Desmarets. Sa Grammaire française sur un plan nouveau a fourni le principal fond de celles de Restaut et de Wailly qui la firent justement oublier.

L'abbé Girard (1678-1740) composa, le premier, un traité spécial des synonymes, dont Vaugelas, Ménage, P. Bouhours, Andry de Boisregard ne s'étaient occupés qu'en passant*. 11 donna, en 1718, sous le titre de Justesse de la langue française, les développements de plusieurs synonymes. Il fit ensuite paraître le même ouvrage, fort augmenté,

1 « Je n'ai copié personne, dit-il lui-même ; je ne crois pas même qu'il y ait encore eu personne à copier sur cette matière ; de sorte que si cet ouvrage n'a pas le mérite de la perfection, il a du moins le mérite delà nouveauté. » Avant Girard, un ami de M""* de Sévigné, un philosophe cartésien, Corbinelli, avait formé le projet de déterminer par comparaison l'exacte signification des mots. (Lafaye, Dictiomiaire des s!/?îo«yme5, introduction, p. xiv.)

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