DUCLOS, DOMERGUE
DucLos, dont l'esprit se prêtait avec une rare facilité aux genres les plus divers, le roman, le conte, l'histoire, la morale, la poésie, voulut s'occuper aussi de grammaire et de lexicographie. Il prit la plus grande part à l'édition de 1762 du Dictionnaire de l' Académie française. Il réimprima, en 1754, avec un commentaire de sa façon, la Grammaire générale etraisonnée de Port-Royal, composée par Antoine Arnauld et Lancelot. Dans ses notes, il mit plus d'une idée juste, mais il en diminua le mérite par sa morgue. Tandis que les grammairiens de Port-Royal, en posant des principes lumineux et en fixant des règles invariables, s'expriment avec une modestie aussi timide que s'ils hasardaient simplement des doutes, le commentateur prend à toute occasion, et même quand il expose les opinions les plus contestables, un ton tranchant et impératif, s'échappe en sarcasmes, et affiche un mépris insolent pour ceux qui ne partagent pas sa manière de voir.
Dans le commentaire de la Grammaire générale, comme dans ses autres écrits, Duclos suit une orthographe particulière. Cet esprit généralement sensé a soutenu avec beaucoup de sophisme et de légèreté ce qu'on a nommé l'orthographe naturelle. Sous prétexte de rapprocher les lettres de leur destination et de leur valeur, il voulait bouleverser la forme des mots dans lesquels l'étymologie influe sur l'orthographe. Il fallait, suivant lui, écrire champ, campus, comme chant, cantus, parce que ces deux mots se prononcent de la môme manière. Il demandait le retranchement des lettres doubles, la substitution des f et des t simples aux ph et aux th, le rempl acement de Vx par Ys dans les cas où celte lettre n'a pas le son de es. Bien des habitudes irrationnelles se sont introduites, d'une manière ou d'une autre, dans la langue, dans la prononciation. Essayer discrètement et petit à petit de les corriger, c'est fort bien fait; mais prétendre enlever la marque de l'origine des mots, au risque d'établir la plus étrange confusion, c'est une idée trop philosophique.
La grammaire, que Girard, d'Olivet, Duclos, Dumarsais, Beauzée, Roubaud, s'appliquèrent, avec des succès divers, à éclaircir et à approfondir, fut encore, dans la fin du dix- huitième siècle, l'objet de plusieurs travaux utiles parmi lesquels se distinguent la Grammaire simplifiée, la Grammaire générale et analytique, le Journal de la langue française, le Mémoir.e sur la p7vposition, les Solutions grammaticales de DoMERGUE. Cet écrivain hardi et inventeur (1743-1810) a analysé la proposition avec beaucoup de justesse et de sagacité, et a jeté une grande
ScRiN, envoyé par le gouvernement à Constantinople pour rechercher tous les manuscrits possibles de l'Orient. Louis XV fit partir aussi pour l'Orient, en 1728, Michel Four.MONX, qui rapporta également de nombreux et précieux manuscrits, et de plus 1,200 inscriptions antiques dont il se préparait à publier le recueil, quand la mort le surprit, en 1746, à l'âge de cinquante-six ans. Ce savant orientaliste retrouva une langue perdue, la langue éthiopienne.