‹ Histoire de la littérature française (volume 4)Chapitre 13 sur 110 · LOYSON · texte numérisé non relu

LOYSON

11 détourne les yeux et pousse un long soupir.

Déjà dans les jours à venir

Il avait entrevu l'orage Qui fait ployer le chêne et brise l'humble fleur. Il entendait siffler la flèche du malheur, La flèche au vol mortel, qu'inutile défense, N'écartent la justice, hélas I ni l'innocence. Ces yeux clos doucement allaient s'ouvrir aux pleurs.

Ce sein paisible et pur qu'à peine Agite en s'exhalant une légère haleine, Devait être brisé sous le poids des douleurs.

L'esprit céleste, ému d'une sainte tristesse,

Consulte, l'œil aux cieux, l'éternelle sagesse.

Le Tout-Puissant fait signe, et, d'un facile effort.

Soulevant dans ses bras l'innocent qui sommeille,

Il presse sa paupière et sa lèvre vermeille.

<i Sois heureux! » lui dit-il ; — et l'enfant était mort.

Charles Loyson avait pu applaudir à la venue de Lamartine et il s'écriait en parlant de ce génie naissant : « Il est poëte, voilàle principe de toutes ses qualités et une excuse qui manque rarement à ses défauts. » Et parmi les défauts il cite « ce vague qui plaît dans la poésie, qui en « forme undes caractères essentiels, mais qui doiten ôtrel'ameetnon le (( corps. » Sous cette forme brève et serrée, Charles Loyson avait bien caractérisé le génie de Lamartine.

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