U^^ TASTU
Souvenir de ce roi qui vit dans sa patrie
A la voix de Colbert, accourir l'industrie.
Là, des fils déliés et ravis aux toisons,
Dans les sexes divers, les diverses saisons,
S'assemblent avec art. Des chèvres voj'ageuses
Là s'ourdissent encor les dépouilles soyeuses, etc. »
De tels passages sont de véritables énigmes proposées au malheureux lecteur, tant la pensée est obscurcie et défigurée par les périphrases. Ne faut-il pas beaucoup de bonne voloulé pour parvenir à démêler le sens des vers suivants, où il s'agit d'obus?
(t Ce sont elles encor dont l'œil audacieux Suit le globe enflammé qui traverse les cieux. Et, signalant au loin sa route flamboyante, Dirigent par leurs cris la pompe prévoyante. »
Les deux morceaux que nous venons de citer montrent encore un autre défaut habituel à l'auteur. Ce sont ces rimes obtenues au moyen de qualificatifs vagues qui n'ajoutent rien à la pensée et sont faciles à placer au bout des vers, partout et à propos de tout.
]\1™« Amable Tastu ad'tctionne le vers de dix syllabes, et a écrit dansée rythme celle de toutes ses pièces qu'on lit avec le plus déplaisir, Peau d'âne. C'était là le genre qui convenait le mieux à sa poésie douce et aimable.
Elle dit dans des vers adressés à une toute petite étoile :
« Des bords de l'Orient s'élançant dans l'espace, Dès que le roi du jour sur son empire a lui, On oublie à la fois les astres qu'il efface,
On ne voit plus que lui.
Toi, fille de la Nuit, quand les ombres fidèles Des champs aériens rembrunissent l'azur, Sans éclipser tes sœurs, tu répands auprès d'elles
Un feu tranquille et pur.
Une gloire semblable est la gloire où j'aspire ; C'est d'un pareil destin que mon cœur est jaloux : Ah! dans la nuit des ans laisse briller ma lyre
De rayons aussi doux! n
Son vœu a été réalisé; on ne la lit presque plus, mais son nom «urvif.