PAILLERON. 5S
Et même des souliers, quand vous m'avez connu; Mais dans ce siècle en proie à de honteux vertiges, Dans ce siècle affairé, que l'art laisse indolent, Le vrai génie est pauvre et marche sur ses tiges ; Aussi par mon habit' jugez de mon talent; Et pourtant il n'est pas, je le crois, une idée Qui n'ait été par moi d'un œil profond sondée. Tour à tour journaliste, auteur, musicien, Philosophe, sculpteur, faible praticien, Mais puissant en discours et fort en théorie, A tous les coins de l'art promenant mon génie. J'ai tout vu, fouillé tout, hélas ! et me voilà... C'est dommage, ^ù\iTt&nt : quel pétard j'avais là! »
On rencontre dans ces satires, œuvre de jeunesse, des traces de diverses manières, des ressouvenirs d'Auguste Barbier, de Victor Hugo et de Baudelaire; mais on y trouve aussi d'heureuses imitations des maîtres du dix-septième siècle. Bien qu'écrits sur un sujet très différent, certains vers de Basiles et Tartufes semblent une réminiscence des Plaideurs.
a Le métier, je le sais, causait plus d'un déboire, Trop souvent on n'avait que de l'eau pure à boire. Tel, fort riche pourtant : mais fort avare aussi, » etc.
La onzième, les Prostituées, rappelle la satire XI de Régnier, et Tristus fait songer au dialogue d'Alfred de Musset, Dupont et Durand, où les mômes pensées sont développées. Le sentiment d'ironique gaieté dont ces pièces sont animées leur laisse cependant une vive et franche originalité.
La forme poétique dans les Parasites est généralement bonne ; nous reprocherons à l'auteur quelques tours et quelques images trop lyriques, quelques longueurs, des inversions difficiles et des négligences de rimes. Il nous paraît aussi avoir trop multiplié dans ses vers les réticences et les suspensions.