‹ Histoire de la littérature françaiseChapitre 38 sur 67 · A. JAQ. DU FAURE · texte numérisé non relu

A. JAQ. DU FAURE

MARTINE, MAUPINE.

Suyvans, du Faur, d'une gentile audace, Des vieux Grégeois ^ la mieux eslite ^ trace

1 Pièces retranch. des Amours, xxiv, Bibl. elz. — " Du Sonnel.

s Grecs. De cette vieille forme du mot, il est resté la locution feu grégeois.

* Ueledus, pour dire de choix, excellent, distingué, parfait, au sens matériel

ANTOIiNE DE lîAÏF. b59

Et des Romains, maiigré les ignorans, De vers hardis nos muses honorans, Le chant sorcier et l'amour de Martine Et les efforts des charmes de Maupine Faits sous la nuit, ores nous redirons. A leur horreur, les eaux des environs Contrerampans d'une fuite rebourse * Ont arresté leur trépignante course :

De ceste voix le lyon estonné A, non recors 2, le fan abandonné.

Il estoitnuit, et les aisles du somme Flatoient desjà toute beste et tout homme, Faisant cligner les astres par les cieux, Non des amans les misérables yeux.

Nus pieds adonc et toute detressée ^ Martine s'est aux charmes adressée.

Entre ses bras trois fois elle cracha, Entre ses dents trois mots elle mascha. Et son rouët qui par trois fois séjourne Entre ses mains, par trois fois elle tourne, Puis tout à coup et d'une mesme fois Elle reprend son rouët et sa voix.

Page 1