‹ Histoire de la littérature françaiseChapitre 121 sur 504 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

1. Constiliilion des spécialités scienlifiques. La philosophie : Ranius. L'érudition : H. Esticnne. E. Pasquier. Savants : Paré, Palissy. — 2. Les Mémoires : leur abondance. Monluc; l'homme et l'écrivain. Brantôme.

Le progrès de la Réforme, dont le premier éclat avait sarpris le catholicisme, l'obligea à se réformer et à se réorganiser. Il procéda à l'élimination des éléments trop décidément irréligieu.x que la Renaissance avait introduits dans rÉglisc; il reconnut aussi sa corruption, et s'efforça d'y remédier par une énergique restauration de la foi, de la science et des mœurs. Il fil en sorte de donner moins de prise aux accusations que dirigeaient les prolestants contre !'« idolâtrie papiste », et en même temps prit une ofTensivf vigoureuse pour arracher à l'hérésie le terrain déjà conquis. L'In- (juisition, les Jésuites et le Concile de Trente furent les trois in- :<lrunienls principaux de la Contre-Réformation catholique '.

La France, où le prolestantisme avait pris des forces sans parvenir à dominer, et qui déjà sentait assez son unité nationale pour

I. A consulter : Philipson. la Contre- Hi'oolution religieuse au XV f' iiii''cle, Paris pl Bruxelles, I8S3. Dejob, De t liiflwrnce du concile de Trente sur la littérature et lef Inaux (lits, l'aris, lïtS-J. ^

ne pas y souffrir de rupture par Ja division religieuse, la France fut un des grands champs de bataille que l'Église et la Réforme se disputèrent. La lutte fut d'autant plus âpre, que les passions fanatiques furent aigries, enflammées, utilisées par les intérêts et les égoïsmes : la noblesse y prit l'occasion de jouer une dernière et sérieuse partie contre la royauté envahissante, et, sous les noms de protestants ou de catholiques, abrita des rancunes et des ambitions féodales. Mais il faut tenir compte surtout des individus, qui, prenant le déploiement de toutes leurs énergies pour règle et pour fin de leur activité, faisaient servir à eux-mêmes les causes qu'ils servaient, et ne cherchaient réellement dans le triomphe poursuivi du calvinisme, ou du catholicisme, que les moyens d'étendre et d'enrichir leur personnalité.

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