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CHAPITRE II

Confusion de la première moitié du siècle. — 1. Un survivant du xvi° siècle : D'Aubigné. Caractère de l'homme. Les Tragiques : puissance de l'inspiration satirique et lyrique. — 2. Origine et formation de la littérature précieuse. Naissance de la vie mondaine. VAstvée : par où le roman diffère des pastorales italiennes et esi)agnoles. — 3. L'Hôtel de Hambouillet, et la société précieuse. L'esprit mondain, son caractère et son influence sur la littérature. — 4. Grossièreté et raffinement. Influence des littératures' espagnole et italienne. La poésie après Malherbe : Maynard et Racan. Poésie précieuse : Voiture. Les épopées. Les romans : Mlle de Scudéry. Contrepartie du fin et de l'héroïque : Sai>jt-Amanl; les romans comiques et bourgeois; Scarron et le burlesque.

Avec Malherbe comtnence le xvu<' siècle; il éclôt chez lui dix ou quinze ans plus tôt (|u'aill('urs. Mais quand, aux environs de 1015, plus tôt ou plus tard, disparaitront ces derniers roprésenlants du XVI"' siècle chez lesquels nous avons vu se former tous les traits de l'esprit classique, il s'en faut que les œuvres littéraire indiquent nettement le caractère de TAffe nouveau. Si l'on excepte la tragédie, qui sera la première prête et la première féconde, il faudra laisser écouler la moitié du siècle pour atteindre un chef-d'œuvre authentique; et ce sera la prose qui le fournira, dans une œuvre de circonstance, dans les Provincialen de Pascal. Tout suivra bionlôl, et tous les genres conformes au génie du temps en (lui'iques années toucheront leur perfection. '

Mais dai)s la j)roduclion vigoureuse et touffue de la première /noilié du siècle, autour de Malherbe, puis de Corneille, avant Pascal et avant Moileau, règne en apparence la plus incroyable confusion. L'idéal classique, tel que Malherbe Ta déliai, loin de s'enrichir, semble s'obscurcir, se déformer; ce sont des résistances, des reculs, des contradictions, des aherrations de toute nature.

ATTARDKS ET I^^IARÉ5). ?iC,l

Plus les œuvres so mulliplienl, plus elles se dérèglent, ol l'on ilirait

que la jeunesse féconde du sièele sème indillercmniehl la vin i\;v><

toutes les formes que le hasard lui présente. On a peine d'abord

ï à débrouiller celle incohérence; cependant des courants se lais-

^ sent distinguer dans ces tumultueuses ondulations; l'on s'aperçoit

qu'en dépit de tout, l'instinct classique du temps l'emporte, et

^organise peu à peu la littérature à son image.

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