‹ Histoire de la littérature françaiseChapitre 217 sur 504 · ITIlHAriT.ET HOII.EAi; Al'X PUISES · texte numérisé non relu

ITIlHAriT.ET HOII.EAi; Al'X PUISES

Il faut daboril rappfler les faits j-oiniiuiiifinent. Nous avons parlé |ilus haut de ces épopées prosaïquement emphatiques, auxquelles le goût précieux avait donné naissance. Les sujets de ces « romans » en vers étaient [)rcsque tous tirés de l'histoire moderne, et ornés d'un « merveilleux » emprunté à la religion chrétienne. Un de ces auteurs, Uesmarets de Saint-Sorlin, ayant donné son Clovis en H)o7, crut nécessaire, lorsqu'il vit s'élever une école dont les maximes essentielles allaient, dans tous les genres, à suivre les anciens et à reprendre les sujets déjà traités par eux, de justilier le choix qu'il avait lait dans son poème d'un héros moderne et chrétien. Il mullijjlia Préfaces et Traités *, et ne se défendit pas sans donner plus d'une atteinte aux poètes anciens. 11 tendit ainsi à généraliser la question, et à faire le procès à toute l'antiquité. C'est contre Desmarets que Boileau, par une malheureuse application de sa doctiine, prohiba au troisième chant de son Aj-t poétique l'emploi de la religion chrétienne en poésie, et, juste au moment où Millon venait d'écrire son Paradis perdu (ce que, du reste, il ignorait), nia assurément la valeur poétique de Satan. Le vieux Desmarets, avant de mourir, légua sa querelle à Charles Perrault.

Vers le même temps, la lutte s'engagea sur un autre point : il s'agissait de savoir si l'inscription d'un arc de triomphe dirait la gloire du roi en latin ou en français, il se fit de gros volumes pour et contre l'emploi des deux langues, et là encore la question tendit à se généraliser : on se mit à coniparer le latin et le français, à en débattre les mérites respectifs, la capacité et l'illustration *.

Cependant le mome^nt de la grande bataille n'est pas venu. On s'en tenait aux escarmouches, aux actions de détail. C'était la Préface d'Iphiyénie, où Kacine s'égayait aux dépens de Pierre Perrault, qui avait critiqué Euripide sans l'entendre (ItiTl). C'était la Pn'f'acc d'une traduction du Seau enlevé de Tassoni, où Pierre Perrault attaquait les anciens et malmenait Uoileau à mots couverts (1078). C'était une iable satirique où Claude Perrault dési-

1. Ihscours imprimé dans l'édil. in-8 du Clovis ùa 1673; Comparaison de la laïujuc cl de ta poésie française, in- 12, 1570; la Défense du poème héroïque, in-4, 1674; la Défense de la poésie cl de la lanym: française, in-8, 1675

2. A consulter : K. Charpentier, Défense de la langue françMise pow l'inscription d'un arc <'v triomphe, in-1'2, 1676; le H. Lucas, jésuite, De nionumenlis pulilicis laliw tnscribcndis .V. ÇhariJcnlUir, De l'crcrltence de ta km une française. 10S3, "2 vol. iu-1-'. Ce dernier uuvrdgo iioso Irè» nellsuieul la question deb aucieos cl des modernes

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