‹ Histoire de la littérature françaiseChapitre 362 sur 504 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

1. Polémistes et pamphlétaires : Joseph de Maistre; Paul-Louis Courier; Lamennais; P.-J. Proudhon. — 2. Orateurs parlementaires : B. Constant; Royer-CoUard; Guizot; Thiers; Berryer; Lamartine. — 3. Orateurs universitaires : Guizot; Cousin; JoufTroy; Villemain; Quinet et Michelet. — 4. Orateurs religieux : Lacordaire.

Il s'est trouvé au xyiii*^ siècle que les plus grands noms de l'hisloire littéraire sont en général aussi les plus considérables dans iTïîstoire des idées. Cette concordance ne se rencontre plus au xïx^ siècle. La littérature n'atteint qu'incidemment TèT^arrd? couraats~Tidées, par quelques orateurs, polémistes et penseurs; et les hommes en qui s'est rencontré le talent littéraire n'ont souvent pas été — tant s'en faut — les intelligences directrices du siècle. En philosophie, il nous faut prendre Cousin, et laisser Maine de Biran; surtout il nous faut écarter la plus puissante et, en tout cas, la plus féconde pensée philosophique de ce demi-siècle : je parle d'Auguste Comte; et quelque fâcheux sort a voulu que l'école positiviste ne fournît aucun écrivain. Dans les sciences politiques et sociales, Saint-Simon et l'école saint-simonienne restent également en dehors de notre étude, avec toutes les sectes communistes, à l'extrémité seulement desquelles le capricieux hasard a placé un beau tempérament littéraire, dans le théoricien de l'anarchie, P.-J. Proudhon. Pour la politique même et le gouvernement, ni les plus hauts esprits, ni les volontés les plus efficaces n'ont été

908 l'époque romantique.

toujours servis par le talful oruloire, et les partis eux-mêmes seront loin d'être leprésenlés ici selon leur force ou leur influence. Mais il ne faut chercher ici qu'une histoire littéraire.

Je ne puis prétendre à tracer même une sommaire esquisse du mouvement |iolilique et social. Il me suffira de rappeler que les principaux débats engat,'(^s dans les Chambres de la Hestauralion ont porté sur la liberté des cultes et toutes les questions particulières qui y tenaient, sur les biens nationaux et l'indemnité des émigrés, sur la liberté de la presse, sur l'organisation du système électoral, sur les majorais, sur la guerre d'Espagne, sur toutes sortes d'applications ou d'interprétations de la Charte, et, au fond, toujours sur la question de savoir (|ui l'emporterait, de la Révolution, ou de r « absolutisme ». Sous la monarchie de Juillet, il s'est agi encore de lois électorales et de lois contre la presse, puis de lois sur les associations, et sur la liberté de renseignement, de l'Algérie et de la question d'Orient, etc.

En même temps que les orateurs des Chambres, une foule de pamphlétaires et de journalistes agitaient les mêmes questions, pour exciter et diriger ro|)inion. Mais les plus graves questions peut-être se discutaient hors des Chambres, ou ne prenaient toute leur ampleur que dans des écrits théoriques et polémiques : ainsi la question religieuse ou la question sociale.

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