Des maux de l'Église, Épilogue {XII
3. Biographie: Pierre-Joseph Prondhon (1S09-1SC5), né à Besançon, collabore a une Encijrlopédie catholique et fait un mémoire sur la célébration du dimasrhi . Il errit en 18-iO le mémoire sur la Propriéti^ jiour répondre à une question de l'Académie de Besançon. Il donne ensuite son Systinne des contradictions l'cono/niqucs (1846). J| fonde de IS'iS a 1850 quatre journaux : le Représentant du Peuple, le Peuple, la Voix du peuple et do nouveau le Peuple. Il fut député de la Seine en 1848. La Banque du Peuple, créée on 1849, échoua. — ÉdiUons : Œuvres complètes. Librairie Internationale, 33 vol. in 18, 1^1)8-1870, Corres/iondancc. ii vol. in-lS, 187:). - A consulter : Uioi. P.-J. Proudhon, 19oy.
Il est très respectueux du droit de l'individu; mais, comme les droits de tous les individus sont égaux, il ne peut trouver que dans l'association les solutions satisfaisantes de tous les problèmes. Son premier mémoire : Qu'est-ce que la propriété? à fait beaucoup de fracas. « La propriété, c'est le vol. » Mais après ce début vient une analyse très forte des fondements et des conditions de la propriété, aboutissant à une conception que les collectivistes d'aujourd'hui estiment bien timide, conservatrice, et bourgeoise .* Proudhon établit au lieu de la propriété la possession individuelle, transitoire, acquise par le travail, et répartie selon de plus justes proportions. Pour son anarchie, au fond, ce n'est rien d'effrayant; pour chimérique, actuellement du moins, c'est autre chose : abolition de la tyrannie, démocratique aussi bien que monarchique; plus de souveraineté; association des individus, formation d'individus collectifs qui se juxtaposeront et s'associeront à leur tour. C'est un système d'organisation fédérale, mais qui a pour caractère l'abolition des divisions et par conséquent des intérêts politiques, l'établissement d'un ordre purement économique.
Un vaste orgueil de chef de secte, qui lui rendit l'accord impossible avec les autres groupes socialistes, une indifférence choquante en son temps pour les théories politiques, au point que, se détachant de la forme républicaine, il se montra tout prêt à réahser sa doctrine par l'empire, contrepesèrent l'influence que le talent littéraire aurait pu donner à Proudhon : il occupa le public, inquiéta le pouvoir, et ne fît pas école.