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ALFRED DE MUSSET

VOrient était à la mode avant les Orientales : après, ce fut une fureur. Que pouvait faire en 1830 un enfant qui se sentait poète? Alfred de Musset ' fit ses Contes d'Espagne et d'Italie. V. Hugo

1. Biographie : Alfred de Musset, né en 1810, fut introduit dans le Cénacle en 18?8j publia en 1829 ses Contes d'Espagne et d'Italie. Il se sépara presque aussilôt du Cénanle {Secrptos Pensées de Rafaël, juillet 1830). En 1832, il donna le Spectacle dans un fauteuil; en 1833, Rolla. La rencontre avec G. Sand est de 1833; le Voyage en Italie, de déc. 1833 à avril 1834, où Musset rentre à Paris. La rupture déBnitive eut lieu en 1835. De ses souvenirs, Musset fait la Confession d'un enfant du siècle, roman (1836). De 1835 à 1S3S il donne la Lettre à Lamartine, VEspoir en Dieu, et surtout les IVuits, de mai et de décembre (1835), d'août (1836), d'octobre (1837) ; le .'souvenir est de 1841. Il mourut en 1857. Pour le théâtre, Lorenzaccio est de 1834; les Caprices de Marianne, de 1833; Fantasio, de 1834, comme On ne badine pas avec l'amour; le Chandelier, de 1835; Il ne faut jurer de rien, de 1836. Presque tout l'œuvre de Musset a paru d'abord dans la Revue des Deux Mondes. — Éditions : Charpentier. 11 vol. in-IS et 5 vol. in-8; Lemerre, 10 vol. in-16, e!, depuis 1^S6, iu-4 (t. iX, 1895),- Correspondance de George Sand et d'Alfred de Musset, Bruxelles, 1904; Correspondance d'Alfred de Musset, p. p. L. Séché, iy07. —

062 L'ÉPOQUE ROMANTIOUB.

l'avait établi : le Midi, c'<^tail de l'Orient encore. Tout le romantisme tapaf,'enr et commun se trouvait dans ces essais : le forcené dans les passions, l'immoralité dans les mœurs, l'étran^eté insolente dans la couleur locale. Kt par endroits peri;ait une orij.'inalitf'; certaine de tempérament, dans quel(|ues mots de passion profonde, dans quelques poussées de mélancolie simple ou do moquerie gouailleuse. t.aji^

Musset ne s'attarda pas dans le romantisme : les disputes littéraires ne l'intéressaient gm'Te. 11 avait fait des niches aux classiques à perruipie de t830 ; il aimait les grands classiques de 1600, y compris Hacine, la béte noire en ce temps-là des esprits larges; il ne se gêna pas pour se moquer des romantiques, du pittoresque plaqué, des désespoirs byroniens, des pleurnicheries lamartiniennes '. Aiïeclant un certain mépris de la forme et de l'art, il posa que toute l'œuvre littéraire consiste à ouvrir son cœur, et pénétrer dans le cœur du lecteur : émouvoir en étant ému, voilà toute sa doctrine ; et si l'émotion est sincère, communicative, peu importe quelle forme l'e.xprime et la convoie. « Vive le mélodrame où Margot a pleuré. » Il n'eut donc souci que de dire les joies et les tristesses de son àme. Il a vécu sa poésie : elle est comme le journal de sa vie. Non qu'elle ehregîstrelës' faits, elle note seulement le retentissement des faits dans les profondeurs de sa sensibilité.

Il n'y a rien en somme que de commun dans la vie de Musset : beaucoup de folie, beaucoup de plaisir, beaucoup de passion, à la fin le naufrage dans l'habitude insipide et tenace, avec l'amertume de la désillusion impuissante. L'absurde rêve que tirent George Sand et lui de réaliser l'idéal romantique de l'amour, aboutit pour l'un et l'autre à d'orageux éclats, à de cruels déchirements : Musset y coniml la souffrance profonde, aiguë, incurable.

Jusqu'à cette grande crise, c'est un enfant, et un enfant gâté, sensible, égoïste, prêt à aimer, et surtout avide d'être aimé, léger et fougueux, joyeux de vivre et insatiable de plaisir, vile déçu, jamais lassé, et recommençant toujours sa course au bonheur, sans se douter qu'il s'est trompé non pas d'objet, mais de méthode : entre vingt et vingt-cinq ans, il est tout pétillant, tout bouillant de vie et d'espérance. Avec cela, intelligent, spirituel, finement

A consulter : 1'. de Musset, Biogr. d'A. de Af., in-16, 1877; Lui et Elle, I8.V1 U. Siaud, Elle el Lui, Mme C. Jauberl, Souvenirs, 1881; A. Bariae, A. de Musset (coll. des Ecriv.), 1893, Brunelit-re, Evol. de la p. lyr., !• leçon, Évol. de la poésie dramatique, 15" conf.; Faguet, XIX' siècle; Spa-lberch de Loveajoul, Lundis d'un chercheur, 18U4; .M. Cloiiard, Dibltoyraphie des œuvres d'A. de M-, 188:!; L. Séo.l).\ A. de Musset, IWi, 2 vol.

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