LES ORATEURS POLITIQUES
Dans le grand nombre des orateurs et des hommes d'État qui soutinrent à la tribune les croyances ou les intérêts de leurs partis *, il faut distinguer trois hommes, comme représentant les formes supérieures de l'éloquence politique : Thiers, Jules Favre et Gambetta.
Thiers ^ doit beaucoup au second Empire. Par sa politique et par sa chute, l'Empire fournit à Thiers la plus belle situation que jamais homme d'Etat puisse rêver : celle où tous les intérêts personnels coïncident avec le bien public et le devoir patriotique, celle où il suffit de s'oublier pour s'élever, de penser à soi pour bien mériter de tous. Tout ce qu'il y avait de petit, d'étroit, d'égoïste dans Thiers disparut par le bénéfice des circonstances; et il faut dire qu'il ne leur faillit point. Il saisit de toute son intelligence, de tout son cœur le rôle qui lui était présenté; et tout en lui, défauts et qualités, y servit. A la clarté de sa parole s'évanouissaient les
1. Juijempnl un peu sévère cl pronostic trop sombre, du moins pour la période de 1870 à 1009 : les noms de Clemenceau et de Jaurès, de Drumont et de Barrés, suffiront à avertir qu'il faut ici une correction. Cependant il est réel que la place du journalisme littéraire se réduit de plus on plus {ff éd.).
'2. M. E. lloulier. ministre d'Étal di; 1863 à 1869; et dans l'opposition, MM. E. Picard, J. Simon, Ollivier : ce dernier rallié à l'Kmpire à la fin de 18ti0. Depuis 18"0. M. M. de Broglie, de Mun, à droite; MM. liufaure. J. Simon. J. Ferry, Cliallemel- Laoour, Ribot, a gauche, etc. — A consulter : J. Keiuach, le Concione* français, 1894, in-16.