‹ Histoire de la littérature françaiseChapitre 462 sur 504 · Cf. p · texte numérisé non relu

Cf. p

3. Sons l'œil des Barbares, l'Homme libre, le jardin de Bérénice, trois romans déologiques sous le tilre commun : le Culte du moi, 3 vol., 1888-1891 ; Huit jours chez

M. Renan, brDch., 1888 ; l'Ennemi des lois, 1893 ; Du sany, de la volupté et de la mort (voyage en Espagne), 1894; les Déracinés, 1897; l'Appel au soldat, 1900; Au service de l'Allemar/ne, 1905. — Dans ses romans sociaux et nationaux (ou nationalistes) la forme de M. Barrés s'est dépouillée de ses complications; sans perdre de sa finesse et de son élégance, elle est devenue plus sobre, plus nette, plus forte {fl' éd.).

4. M. Ed. Rod (né en 1857) a travaillé dans le même sens que M. de Vogiié et M. Desjardins : Études et Xouvellet études sur le XIX' siècle, 1888 et 1898; Idées

cosmopolite comme un Genevois, fait de vigoureux romans, un 7)èu lourds, un peu ternes, un peu Jâcht-s de facture, solides du moins et intéressants, où il scrute l'âme contemporaine et débat les problèmes les (dus troublants de la vie contemporaine : ce sont des œuvres intelligentes, où se révèle un critique clairvoyant plutôt qu'un artiste créateur. M. Paul Margueiitte ', un révoltr de naturalisme, a su garder la scrupuleuse élude des réalités, en y joignant l'intuition de la vie intérieure et une large pitié philosophique : il a donné deux ou trois œuvres qui, à leur date, étaient ce que l'art français soumis aux influences d'Éliut et de Tolstoï avait produit de meilleur. Il faudrait encore nommer M. Paul llervieu ^, écrivain d abord bizarre et tourmenté, en marche vers une laclure plus sobre et plus simple, observateur^ pénétrant et féroce des classes aristocratiques, créateur de ty[)cs solides et lins : il était en train de prendre la première place dans le roman contemporain, lorsqu'il s'est détourné vers le théâtre; — M. Marcel Prévost^, peintre subtil de cas complifjucs et de mœurs singulières, a'riiateur de sujets où l'analyse psychologique confine à l'observation pathologique, invinciblement attiré par Te mystère des âmes féminines; — AI. Paul Adam*, improvisateur hàlif et fougueux, imagination puissante, esprit curieux, tour à tour attiré vers les sujets Ics'plus divers, depuis l'idéalisme le plus fantaisiste jusqu'au plus pur réalisme, capable tour à tour de voir le présent, d'imaginer le passé et de rêver l'avenir, de peindre largement les masses ou de noter miuutieusement les plus infimes détails"'. Je ne dois pas surtout oublier M. Hnys-

morali'.a du temps présent, I.stt2; le. Seni de la Vie, 1SS9; Michel Teissier, 18'J-.'; /.( seconde Vie de Michel Teissier, 1893; Essai sur Ocptlie. 1898; elc.

1. Pascal défasse, ÏS^'i ; Jours d'épreuve, 188S ; la Force de* choses, 1882; /<i Tourmente, 1893; l'Essor, lîs90. Avec soq fri-re Victor, il a donné : le Desastre,. 1898; les Tronçons du ijlaive, 1901; les Braves gens, 1901; la Commune, 190i quatre volumes qui font un ensemble puissant et pathétique. Comme pour la Débdcl-' (le Zola, je rejïrello que les au(eurs n'aient pas pris le parti de renoncer aux inventionromanesques, si me'^quinos toujours en de tels sujets (//" éd.).

■?. L'Alpe homicide, 1885; l'Inconnu, 1887; Peints par eux-mêmes, 1893; l'Armn ture, 1895 ; etc.

3. Le Scorpion, 1887; .Mademoiselle Jaufrc, "l889; Lettres de femmes, 1892; Ic- Vierijes fortes (Léa; Frédérique'), 1900; elc.

i. La Force du mal. Cœurs noui'eaux, 1896; la Bataille d'Uhde, 1897; Basile n Supliia; la Force, 1899; l'Enfant d'Auslerlitz, 1901; Au soleil de Juillet. 1903; /■ Buse, 1903; le .Ser/ient noir, 1905.

5. Je nommerais aussi ces incompréhensibles frères Hosuy, poètes et phiIosopllc^^ qui dans leurs romans d'une écriture trof» personnelle ou, si l'on veut, d'un frau- (^ais trop douteux, ont posé les problèmes moraux et sociaux les plus actuel» avei' un sens aigu de la vie et une sympathie sincère pour les soulTrants, ou parfois, s'emparant des hypothèses du la arienco cootcmporaioe, ont introduit dans le roman la vision épiquo des temps préhistoriques : je devrais m'y arrêter s'ils n'avaient, par une production incessante et surabondante, renoncé à faire œuvre do littérateur-

nians, un vi','oui'Ciix el personnel disciple de M. Zola, donl il s'est mis un beau jour à applit|uer le pï('i'C?^1Ie"uânTralislo à la peinture de la .vie religieuse. Catliodrales, couvents, culte, plaiiichant", dévolions mystiques, superstitions, sacrilèges, agitations de la conscience et progrès de la pénitence, M. Huysmans nous peint foutes ces choses et tous ces états avec une prodigieuse richesse de vocabulaire et d'images; son art fougueux et brutal a conquis le public, et même l'Église, où quelques voix seulement ont exprimé des craintes sur la qualité de cette foi et la vertu de son expression '.

Dans la multiplicité incohérente des œuvres, plusieurs directions se laissent distinguer. Le roman psychologique et le roman d'étude de mœurs continuent de subsister. Mais le roman historique a eu une renaissance brillante avec le Saint-Cendre de M. Maindron '^ (.wi^ siècle) et la Force de M. Paul Adam (Révolution el premier Empire) : deux restitutions minutieuses qui sont en môme temps des évocations vigoureuses du passé '. M. Rarrès aussi a fait du roman historique, mêlé de plaidoyer politique et social, dans ses Déracinés et dans son Appelait ^olddt; romans historiques aussi, le Désastre avec les trois œuvres qui lui font suite de MM. Paul el Victor Margucrilte, et VAppnntie de G. Geiïroy, tableaux pathétiques et navrants de la guerre de 1870 et de la Commune*. Mais Tespèce dominante, et à laquelle se rattachent la plupart des œuvres les plus distinguées du temps, est celle du roman social ou sociologi(]ue : les ouvrages de M.\i. Barrés et Margueritte que je viens de noinmer y rentrent aisément. La psychologie et les tableaux de mœurs sont employés cà illustrer ou a démontrer une idée sociale. M. Horvieu nous fait voir la décompo.sition morale de l'aristocratie {Peints par eux-mêmes) et la toute-puissance de l'argent (F Armature). M. Prévdst, après avoir étudié la corruption féminine dans les hautes classes, le mal qui détourne la femme de son vraj rôle social, s'applique à observer le féminisme et son effort pour protéger et relever la femme dans la société actuelle [les Vierr/es fortes). Paul Adam nous

pour oheroher les succès plus faciles du feuilleton populaire. — Ncll florn, 1886: le Bilatéral, 1887; le Termite, 1890; Vamireh, 1892; i Indomptée, 1894; etc.

1. J. K. Huysmans. Les Sœurs VatartI , 1879; A Rehours, ISS'i ; Là-Bas, 1891; fin route, 180'4; ta Cathédrale, 1S98; Pages catholiques, 1899.

Page 1