‹ Histoire de la littérature françaiseChapitre 52 sur 504 · LES FABLIAUX · texte numérisé non relu

LES FABLIAUX

Comme il nou:^ a manqué un Dante, nous n'avons pas eu de Chaucer.

Après avoir eu vogue et fécondité au xiii" siècle et au commencement du xiv'=,le genre du /'at/mu disparut. Il fut remplacé, après un intervalle, par les nouvelles en prose : l'inutilité des vers, du moment qu'on lisait, et l'intluence des nouvellistes italiens décidèrent au xv siècle l'emploi de la prose dans les contes de ce genre. Mais le fabliau reparut plus lard, sous une forme artistique, dans le conte en vers de notre littérature classique. Il avait trouvé aussi au xv® siècle un héritier dans la farce : héritier de l'esprit plutôt que des sujets, car dans les œuvres qui nous sont parvenues on voit rarement qu'un fabliau ait été repris en farce, comme le Vilain Mire se retrouve dans le Médecin malgré lui. Ce qui a duré, c'est l'esprit du genre qui est une forme de l'esprit de la race, et ainsi reparaissent de temps à autre dans nos farces du Palais-Royal des moyens et des effets dont usaient les auteurs des fabliaux : nos armoires ont remplacé les bufîets de nos pères, nos pantalons leurs braies. Ainsi le vaudeville actuel, substitut de la farce, qui elle-même a remplacé le fahlinu, peut nous aider à comprendre la nature de ce genre et du plaisir qu'il donnait.

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