‹ Histoire de la littérature française illustrée v.1Chapitre 134 sur 402 · LE MOYEN AGE · texte numérisé non relu

LE MOYEN AGE

point la notion de patrie s'étaitobscurcie. II faut Ie lire aus-i pour se {aire une idée de la misère que ces guerres sans /ìn causaient même dans les villes, Ce journal est un incomparable document historique. II offre même un intérêt littéraire : des notes au jour Ie jour. qui auraient pu être de rédaction banale. sont relevées non seulement par l'imprévu des détails. mais par une âpreté de ton et une tougue singulières, Ce bourgeois cultivé et intelligent. qui pousse Ie fanat;sme politique jusqu'à la {ureur. nous donne l'idée d'un des rudes et violents partisans de cette époque tragique.

Le journal de Clément de Fauquembergue. greffier du Parlement de Paris (1417-1436). est loin d'avoir Ie même relief, Mais c'est un livre qui nous fait pénétrer dans l'intimité de la vie du Parlement, OÙ se rassemblait l'élite de la bourgeoisie contemporaine. Très laborieux. très unis. animés d'un vif esprit de corps. les conseillers se gardent jalousementcontre tout empiétement d' une j uridiction voisine, mais ils sont très attentifs aussi à ne pas laisser porter atteinte à I' autorité, à la dignité du roi. aux intérêts de l'f.tat. Leurs II gages)) sont maigres, et la moitié du temps ils ne sont pas payé . lis réclament, mais avec quelle patience et quelle réserve ! Quand ils cessent de rendre la justice. c'est vraiment qu'on les a poussés à bout. lis sont très indépendants. et à l'égard de leurs Présidents, qui se bornent à diriger leurs dél;6érations, et même à l'égard du Chancelier. qui ne tente que rarement de leur imposer sa volonté, lis s'accommodent fort bien de la domination anglaise. mais Charles \"11 une fois triomphant, ils passeront à lui avec aisance, Ce qu'ils veulent, c'est un roi fort et une autorité royale respectée. Ces gens très estimables, mais qui ne sont point des fanatiques, nous aident à comprendre Ie Bourgeois de Paris, et la France du xv e siècle.

La querelle du Roman de la Rose, Gerson et nos premiers II humanistes II

Dans ff.pÎtre au dieu d'amour (1399) et Ie Oit de la Rose (1400) éd. Roy, t. I, p. I et 29 , Christine de Pisan avait défendu les femmes contre les attaques de leurs calomniateurs et en particulier contre les satires de jean de Meung. Que/que temps après une conversation s'engagea à ce sujet, semble-t-i/, entre Christine, jean de Montreuil et une troisième personne,

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