‹ Histoire de la littérature française illustrée v.1Chapitre 151 sur 402 · PHILIPPE DE COMMINES · texte numérisé non relu

PHILIPPE DE COMMINES

duc. Quand Charles Ie Téméraire voulut punir les Suisses, il se heurtait à une nation étrangère; quand illuttait contre les armées de Louis XI, ce n était plus que la rivalité de deux chefs d'une même nation, dont chacun aspirait à remplacer I'autre. Deux personnalités et deux politiques s'affrontaient, mais non pas deux peuples. A un moment OÙ la balance était encore égale, Commines eut Ie mérite de prévoir laquelle des deux politiques triompherait un jour, et c'était précisément celie qu'il jugeait la meilleure, D'autre part, aucun lien de reconnaissance particulière ne I'attachait au duc Charles, qui était un maître dur et quinteux. Tout bien considéré, iI avait Ie droit de Ie quitter sans remords, et iI Ie quitta certainement sans regret. II n'eut pas lieu de s'en repentir. Louis XI lui accorde une pension de 6000 livres, lui donne des terres qu'il enlève à d'autres, Ie marie à une riche héritière et, tout défiant qu'i1 est, lui conserve jusqu'à la fin sa faveur. Le nouveau seigneur d'Argenton devient un des personnages les plus infJuents du royaume: en retour iI est un des meilleurs conseillers et des plus fidèles qu'ait jamais eus un roi de France, En répondant à l'invitation de I'archevêque de Vienne. Commines n'entendait pas faire æuvre d'historien, II se borne à rapporter ce qu'il a vu de ses yeux, ou, s'i1 est nécessaire d'y ajouter un peu pour aider à I'intelligence du reste, iI s'en tient aux témoins les plus sûrs. Peu de dates, I'ordre des événements suivi dans la seule mesure OÙ I'exposition y gagne en force probante, peu ou point d'indications sur la composition des arrnées ou leurs mouvements, pas de description des villes et des pays, pas de larges perspectives, Quelques rois, quelques princes, leurs conseillers, des grands seigneurs menés par I'ambition ou la vanité, des villes qui s'agitent, se révoltent ou se soumettent, voilà les personnages qui occupent tout Ie temps la scène. Nulle part nous ne voyons la France,l'Angleterre ou la Bourgogne de cette époque, sinon par brèves échappées et comme à I'insu de I'auteur, Commines ne s'intéresse aux foules, aux vastes groupements, aux nations même que par un effort de sa raison; il ne les voit pas et ne nous les fait pas voir. Son art est aussi différent qu'on peut I'imaginer de celui d'un Froissart. II n'est pas un peintre. La couleur et Ie mouvement lui échappent, Son attention est ailleurs et son

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LoUIS XI PRÉSIDANT UN CHAPITRE DE L'ORDRE DE SAINT-MICHEL. - (B. N.. ms. fTanç, 19819). Celie miniature est probablement due à Jean Fouquet.

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