‹ Histoire de la littérature française illustrée v.1Chapitre 160 sur 402 · IT ALIANISME ET HUMANISME · texte numérisé non relu

IT ALIANISME ET HUMANISME

A1NTS hisioriens ei criiiques, parmi lesquels Michelet, Brunetière. Faguet, ont proposé de la Renaissance des lettres et des arts au X V I siècle en France des défìnitions variées: on trouvera, au tome XIII de la Revue des cours et conférences, un recensement eI un examen, dus à M, Abel Lehanc, de ces dé/inilions.

Surfhistoire du mot, voir Jean Plallard, (( Restitution des bonnes lettres II el (( Renaissance II (ariicle publié dans les Mélanges offerts à M. G, Lanson, par ses amis et ses élèves, 1922, p. 128).

Parmi les iableaux de noire Renaissance, on doii meniionner celui que Michelela brossé au iome VII de son Histoire de France,

Ce qu' on entend par Renaissance

L E mot de renaissance ne se rencontre pas chez nos écrivains du XVIc siècle pour désigner la grande transformation qui s'accomplit alors dans nos lettres et dans nos arts. Les promoteurs et les témoins de ce mouvement se sont servis plutõt d'autres expressions: (( retour de l'âge d'or)), (( lumière dissipant les ténèbres gothiques et les brumes cimmériennes II, (( restitution d s bonnes lettres II, etc.

Seul, semble+il, au XVI C siècle, dans sa dédicace des Vies de Pluiarque, Amyot a employé la métaphore tirée de l'idée de (( résurrection II, quand il a rappelé à Henri II que Ie grand roi François (( a\ ai t heureusement fondé et commencé de faire renaisire et fJorir en ce noble royaume les bonnes lettres I), (( On vit renaÎire Hector, Andromaque, lIion II, dira Boileau à son tour, L'image ne devint usuelle que vers la /in du XVIIC sii>cle : I'Académie accueille (( renaissance )) en cette acception dans la seconde édition de son Dictionnaire, parue en 1718. On peut regretter que ce mot consacre une injustice à l'égard du moyen âge. Mais il dit Ie cu\te ardent, exclusif, de notre âge classique pour la Grèce et pour Rome; il indique que! idéal, sous Ie règne des Valois, rénova les lettres françaises.

Cet idéal ne s'épanouit vraiment que vers Ie milieu du XVl e siècle, aux jours OÙ les poètes de la Pléiade rejetèrent toutes les traditions médiévales et se réclamèrent uniquement de modèles grees et latins.

l\1ais une longue préparation a préeédé, pendant une période confuse OÙ se mêlent des eourants divers. Les deux principaux sont I'italianisme et I'humanisme.

Pour faire valoir leurs droits sur Ie royaume de Naples et Ie duché de Milan, les rois Charles VIII. Louis XII et François I er fment amenés à conduire leurs armées outre les Alpes, entraÎnant avec eux leur noblesse, Par ses arts, ses mæurs, son luxe, I'ltalie vaincue enchanta ses vainqueurs. Elle raffina leur goût des plaisirs de I'esprit et de la société. Elle leur apprit à considérer certains aspects, méconnus au moyen âge, de la poésie et de la pensée des Anciens. Nos lettrésse mirent à I'école des érudits, des (( humanistes )) italiens.

L'histoire des progrès de l'humanisme dans la première moitié du XVIC siècle est celie des progrès de I'esprit nouveau.

L'humanisme et l'Université de Paris

:g Voir l'édition des CEuvres de Robert Gaguin, par L. Thuasne, 2 vol..

/903, et Aug. Renaudet, Préréforme et humanisme (1494-1517),/9/6,

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