LES CHA '\SO;\S DE GESTE - II
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L'...BB...yE DE RONCEV"'UX. - Elle a élé fondée vers ran 1140. A peu de distance sélevail une aulre église, plus ancienne, Sainl- Sauveur de Leyre, Charlemagne, Roland el leurs compagnons légendaires onl élé pendant des siècles vénérés dans ces sancluaires,
trop tard
. Quanl jel vos dis, n'en feïsles nienl ; Mai. nel ferez par Ie men loemenl" :
Si vos cornez. n'er mie hardemenl !...*>>
. plus. .. conseil. . ce ne sera pas J' un preux.
Roland a sonné : sa grande âme a-t-elle donc Aéchi? ;\;ous faut-il reconnaÎtre que sa prouesse n'était que I( folie I)? IVlais non: quand il a recueilli Ie dernier soupir de ses plus chers compagnons, quand il reste seul debout et qu'approche I'heure de son propre trépas, it est vainqueur! Le /il s de I\larsile a péri de sa main; Marsile a fui, Ie poing droit tranché; et I'armée sarrasine tout entière a été saisie de terreur.
Du champ de carnage et d'honneur, il reste Ie maître, et Turpin I' a proclamé :
" Cisl champ esl voslre, la mercil Deu. e mien! >> En belle ordonnance, Roland a rangé sur un seul rang les corps de ses pairs. et. près de mourir à son tour, il s'étend face contre terre, en avant des autres. la tête tournée vers la gent païenne, (( a/in que Charles dise, et tous les siens. qu'il est mort en vainqueur, Ie g ntil comte I). Les anges du ciel descendent vers lui. II tend vers Dieu son gant droit; saint Gabriell'a pris de sa main: Morz esl Rollanl, Deus en ad rame es eels.
La nuit qui précéda la bataille d'Hastin!1s fut consacrée par I'armée normande à la prière. A I'aube, les troupes, a)-ant entendu la messe, furent bénies par Robert, évêque de Bayeux. qui avait revêtu un haubert sous son rochet. Puis, au dire du chroniqu ur Guillaume de I\lalmesbury, tandis que Ie duc s'armait, on chanta devant lui, pour proposer à ses barons I"exemple d' un vaillant (martium viri exemplum), la Chanson de Roland, Ce n'est, il est vrai, qu'une légende, dont \Vace s'est inspiré pour en imaginer une autre: celie de ce jongleur. Taillefer, qui, en avant des troupes, à l'instant même où elles se jetaient sur I'ennemi, aurait chanté : De Karlemainne el de Rollant, EI d'Olivier el des vassals Qui mOlurent en Raincesvals.
1\1a,is c s légendes sont II plus vraies que I'histoire II, Quel poème pouvalt mleux répondre à I enthousiasme de ces gens de guerre, animés d'une con/iance égale en leur prince et en Dieu? D'où pouvait leur venir une exaltation plus noble que de ce sublime paradoxe qui proclame la primauté de la folie prouesse?