MARGUERITE DE NAVARRE
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HENRI D'ALBRET TROUVANT LA PERLE UNIQUE, MARGUERITE (lnitiatoire instructive en la religion chretienne, Bibliothèque de I'Arsenal, ms. 5096),
lui recommander la lecture de Pantagruel, comme un divertissement à ses pensées II extatiques )) : elle Ie lisait et Ie citait, De ce goût pour Ie rire et pour la plaisanterie procède I'Heptaméron, recueil de nouvelles qu'elle dictait à un secrétaire, à ses heures de loisirs, Ie plus souvent dans sa litière de voyage,
L'Heptamé/'on.- Cest du Décaméron que procède I'Heptaméron. Le recueil de Boccace, trans/até en français d'après une traduction latine, avail suscité en 1462 les Cent nouvelles nouvelles, notre premier recueil de contes en prose. Le succès d'une seconde traduction du Décaméron, exécutée à la demande de la reine de l\iavarre par un de ses secrétaires, Antoine Le Maçon, la décida à écrire elle-même un Décaméron français. Elle n'eut pas Ie temps de I'achever: à sa mort, soixantedouze contes seulement étaient rédigés.
En 1558, Pierre Boaistuau, dit Launay, en donna une édition, sous Ie titre d'Histoires des amans fortunez. II avait taillé à sa guise dans Ie manuscrit de Marguerite, altérant Ie plan général, supprimant quelques contes, modi{iant les passages qui sentaient I'hérésie calviniste. L'année suivante, un secrétaire du prince de Condé, Claude GlUget, en publia une nouvelle édition, qui respectait Ie texle de la rédaction originale. II fintilula Heptaméron, Ie recueil ne comprenant que sepi journées complètes et deux contes de la huitième journée.
CEST DONC Ie Décaméron qui a servi de modèle à I\larguerite. ElIe était préparée à sentir Ie charme de Boccace, étant familiarisée avec ('esprit et rart de \'Italie, et par ses lectures et par la conversation des Italiens distingués qui fréquentaient la cour de François Ier. A vrai dire, dIe n'a emprunté aucun sujet de récit à Boccace; mais elIe lui doit l'idée de mettre en scène'les (( devisants II, c'est-