‹ Histoire de la littérature française illustrée v.1Chapitre 181 sur 402 · II. - Les autres conteurs · texte numérisé non relu

II. - Les autres conteurs

; Le Grand Parangon des nouvelles nouvelles, de Nicolas de Troyes, a élé publié pour la première fois par E, Mabille. en 1867. - Le Parangon des nouvelles honnestes et délectables (/531) a été réimprimé par Mabille en 1865.- Les Contes du monde adventureux ont été publiés en 1553 et réimprimés par Félix Frank. en 1878, - La Légende joyeuse de Pierre Faifeu, par Charles Bourdigné, parue en 1527, a été réimprimée par Villem en 1883.

Consulter, sur Ie Conte et la Nouvelle au XV /' siècle. une étude de Gaston Paris, dans Ie Journal des Savants de mai-juin 1895,

NOTRE LlTIÉRATURE, dans la premiere moitié du XVI C siècle, a éte féconde en livres (( simplement plaisants II, comme dira plus tard Montaigne. Le conte surtout avait la faveur du public. Aussi les écrivains qui ont cultivé ce genre ne se croyaient-ils pas obligés de se mettre en frais d'invention. lis se bornaient à recueillir des anecdotes facétieuses. lis ne se piquaient pas de les faire valoir par la peinture des mceurs ou par I'art de conter. (( Réjouir la compagnie)), (( éviter mélancolie )), était leur unique souci, II arrive donc que les mêmes récits reparaissent dans plusieurs recueils et ne se distinguent guère par les mérites du style.

Le plus souvent, la matière de ces ouvrages provient des recueils italiens de nouvelles. L'auteur inconnu du Parangon des nouvelles honnestes et déleclables puise à pleines mains dans Ie Décaméron, les Facetiæ de Pogge, les Apologues de Laurent Valla. Dans un autre recueil, dont Ie titre renchérit sur Ie précédent, Ie Grand Parangon des nouvelles nouvelles. sur cent quatre-vingts contes, cinquantecinq procèdent de Boccace. Peut-être I'auteur de ceUe compilation ne Ie soupçonnait-il pas: c'était un certain Nicolas, originaire de Troyes. fixé à Tours comme maitre sellier de la cour, qui ignorait l'italien et Ie latin, II rapporte toutes les anecdotes facétieuses quïl a lues ou entendu raconter, sans se meUre en peine de leur origine, Son ouvrage, qui est resté manuscrit jusqu'au XIX e siècle, renferme d'ailleurs une notable proportion de contes d'origine française et qui peutêtre étaient nouveaux au moment où illes recueillait. La plupart des récits du recueil intitulé Contes du monde adventureux (1553), qui est anonyme, sont emprunté5 à Iïtalien Masuccio Salernitano, T oute française est la Légende joyeuse de maistre Pierre Fadeu. écrite, en vers prosaïqu::s, par Ie prêtre angevin Charles Bourdigné (1527). C'est la geste d'un escholier d'Angers qui passe son temps à inventer des mystifications, généralcment grossières. parfois spirituelles. Ce qui manque à cet ouvrage, c'est la peinture des mceurs réelles; on y chercherait en vain quelques traits piuoresques de la vie universitaire.

II y a plus d'art el plus d'esprit dans les Nouvelles récréations et joyeux devis, qui parurent à Lyon, en 1558, sous Ie nom de Bonaventure des Périers.

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