BONAVENTURE DES PÉRIERS
; Né en /5/0 à Arnay-Ie-Duc, en Bourgogne, é/evé à Autun. Bonaventure des Périers, jeune encore, prenait rang parmi les humanistes érudits. 11 était lié avec Etienne Dolct. Marguerite de Navarre l'admit comme valet de chambre dans sa maison. En 1538, il fit paraître.sous Ie titre de Cymbalum mundi (Ie Carillon du monde), quatre dialogues facétieux, qu'il présentait aux lecleurs comme iraduits du latin en français par Thomas du C/enier (anagramme de Thomas l'lncrédule) pour son ami Pierre T ryocan (anagramme de Croyant). C était une satire. dans Ie goût des dialogues de Lucien, dirigée contre Ie christianisme. ses dogmes. sa liturgie et sa discipline. Le Parlement de Paris ordonna la suppression de ce livre, en raison (( des grands abus et hérésies )) qui se dissimulaient sous des
fictions empruntées à la fable antique.
Carrêt fut si diligemment exécuté qu'un seul exemplaire a échappé à la destruction. M arguerile se sépara de son valet de chambre, mais continua à lui servir une pension. 1/ se suicida dans un accès de folie (1544).
Cattribution à des Périers des Nou
velles récréations et joyeux devis a été contestée. Ðéjà un érudit du XV /- siècle, La Croix du Maine, déclarail que les Nouvelles récréations sont ['æuVre de deux écrivains manceaux, Nicolas Denisot et Jacques Peletier. Cette question d'altribution est d'autant plus diffìcile à trancher que Ie respect du texte d'un écrivain n'était guère dans les mæurs du XV/" siècle, 1/ est probable que [' ouvrage dans son ensemble est bien de des Périers; mais fédileur de 1558, Ie (( vertueux personnage II qui a publié l'ouvrage manuscril, ne s'est pas fait scrupule de Ie grossir de quelques additions de son cru. Ainsi s' expliquerait-on qu'i/ y soit fait allusion à certains événements postérieurs à la mort de des Périers et qu'on 1) mentionne d'obscures localités du Maine et du Poitou qu'il n' a pas connues, Au reste, cet éditeur a pu êtrc Jacques Peletier du Mans.
L'édition des Nouvelles récréations que nous suivons est celie de P.-L. Jacob, Paris, s. d.
Sur la question d'authenticité, voir C/. Jugé, Jacques Peletier du 1\1ans, /907, - A consulter : A. Chennevière, B. des Périers, sa vie, ses poésies, 1886,
Cymbalú mÚdI EN FRANCO Y S, Contetlant quatre Dialogues Poctlquef, fort antiques, ioyeux,& facctieux.
(Gì'
I?robir.ss l4U .stllr ,(.7 4lgtt, M.D. X X X V I II