‹ Histoire de la littérature française illustrée v.1Chapitre 185 sur 402 · III. - Les romanciers · texte numérisé non relu

III. - Les romanciers

:; Editions modernes, La Vie de Bayard, par Ie Loyal Serv;teur, a été publiée par Roman pour la Société de I'histoire de France (/878) ; les quatre premiers livres des Amadis ont été réimprimés par Hugues Vaganay, pour la Société des textes français modernes (1918).

Consulter: Gustave Reynier, Ie Roman sentimental avant I'Astrée, 1908; Arthur Til/ey, les Romans de chevalerie en prose (Revue du XVI' siècle, 1919),

LES LECTEURS plus curieux de prouesses et d'aventures merveilleuses que d'histoires grivoises ou de facéties trouvaient leur divertissement dans les romans de chevalerie en prose. Ces romans ont constitué, avec les livres d'heures et la littérature de I'humanisme, la principale production des cinquante premières années de lïmprimerie en France. Entre 1478 et 1549, environ quatre-vingts adaptations, en prose, de chansons de geste et de rom-:ms furent imprimées; quelquesunes eurent de nombreuses éditions. Le choix que firent les éditeurs dans notre vieille matière épique est un indice du goût des leeteurs, Le cycle de Charlemagne n'est représenté que par la Chronique de Turpin, Fierabras et Galien rhétoré, Les sujets en faveur étaient ceux qui offraient des scènes de féerie, des descriptions de fêtes et de rites de la chevalerie; ou encore Illes déduits d s amans, leurs peines et leursmartires n. C'étaitHuon de Bordeaux; c'était Ogier Ie Danois, transporté en I'île d'Avallon par la fée Morgane: c'étaient surtout des romans de la Table ronde, Lance/ot du Lac, Tristan, Perceval Ie Gal/ois et Perceforest, vaste roman du XIV C siècle, imprimé pour la première fois en 1528, réimprimé en 1531, traduit en italien en 1555. C'est I'esprit même de la chevalerie qui respirait dans la geste du plus brillant capitaine des guerres d'ltalie: la Très jOJJeuse, plaisante et récréative histoire du gentil seigneur de Bayart, composée par Ie Loyal Servileur, Jacques de Maille, archer, puis secrétaire du Chevalier sans peur et sans reproche. Un même idéal dominait la vie du héros et I'esprit de son historien, qui Ie compare sans cesse aux pairs de France et aux chevaliers de la Table ronde. Les romans de chevalerie jetèrent un demier éclat avec les Amadis, qui parurent au milieu du siècle, Nicolas Herberay des Essarts en publia huit livres (1540-1548), traduits d'après un ouvrage rédigé en espagnol au milieu du XV C siècle, Après sa mort, d'autres traducteurs poursuivirent son æuvre : toute la geste de la lignée d'Amadis fut traduite etdes imitations en furent données en français et en italien. Aux prouesses des chevaliers errants, à leur longue constance dans l'amour une fois juré, au merveilleux féerique, qui procédaient des romans de la Table ronde, les tradueteurs français avaient ajouté un élément nouveau. I\s ne se contentaient pas de mentionner, parmi les

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