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PAGE DE TITRE du Solitaire premier de Pontus de Tyard (édition de Paris, 1573).
BELLEAU ET JODELLE Belleau et Jodelle complètent la liste olficielle de la Pléiade. Du second, Ie seul Parisien du groupe, on a peu de choses à dire ici, puisque son rôle appartÏent surtout à l'histoire du théâtre. Son æuvre Iyrique contient des sonnets solides. de graves chansons, des tiercesrimes assez fières adressées à sa Muse mahraitée par les envieux ; Ie poète tragique y révèle une âme hautaine. sans banalité, mais sans grâce, On n'y recueille point l'agréable butin d'anthologie que fournissent les recueils de Remi Belleau.
Remi Belleau, Ie tradudeur en versdu pseudo- Anacréon de Henri EstÏenne, a vécu une vie sans histoire dans la maison des ducs de Lorraine, Ronsard l'a adopté très vite, au moment de la tradudion fameuse qu'il a magnifiquement recommandée à son public. Le succès n'a manqué ni à la Bergeríe, ni aux Amours, ni à ces Échanges de pierres précieuses où l'on trouve l'utilisation. en mètres variés. de motifs encore inédits pour l'école. L'auteur s'auache au diamant. à la topaze, au rubis, à la corna-
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PORTRAITS extraits de la (( Chronologie collée >>.
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Avril, J'honneur et des bois Et des mois, Avril, la douce espérance Des fruits ui, sous Ie colon Ou bouton, Nourrissent leur jeune enfance!
Avril, J'honneur des prés verts, jaunes, pers, Qui, d'une humeur bigarrée, Émaillent de mille Heurs, De couleurs, Leur parure diaprée !...
OLIVIER DE MAGNY Le -midi de la France serait admirablement représenté dans la Pléiade par Olivier de Magny, de Cahors, si Ronsard avait voulu I'y inscrire: mais Ie charmant compagnon de Marot étaitdéjà mort, quand la liste fameuse fut écrite, et, parmi les compagnons disparus, du Bellay seul restait assez cher à la mémoire du chef pour n'y être point oublié. Magny lui a cependant rendu bien des hommages et nul n'a plus librement profité de son enseignement, dès la première heure de la Brigade. Son penchant pour les peintures sensuelles écarte de lui certains lecteurs; mais celles de Baïf, qui sont plus grossières, ne lui font pas la réputation fâcheuse dont souflre exagérément I'auteur des Gayetez, Les æuvres de celui-ci en renferment une foule d'autres, sur les sujets les plus divers, qui n'ont pas moins de verve ni de couleur que ses pires gaillardises. Magny est un maître de I'ode familière et du sonnet, les deux genres OÙ la Pléiade excelle, L'odelette (( à Corydon, serviteur de Pierre de Ronsard n donnerait une idée de I'aisance de son style. II prie Ie valet de bien veiller à toute heure sur la santé du cher maître et d'abord sur son réveil :
Et garde, tandis qu'il .. apprête, 8 u'on fasse tant soit peu de bruit, e peur qu' on ne trouble en sa tête Ce quïl a composé la nuil.., Après avoir levé la table.
S'il veut en son élude entrer, F ais ne sai quoi de délectable Qui Ie contraigne à folâtrer, Alin que son chef il n' abaisse Si soudain après Ie repas Sur Ie livre, et qu'il ne se blesse, S'envoyant soi-même là-bas (au tombeau).
E t .. il veut avec la Brigade S' en aller aux champs quelquefois, Va-fen dans la proche bourgade Choisir Ie meilleur vin françois; 'Puis sur Ie bord d'une fontaine, A rombre de quelque aubépin, Apporte la bouleille pleine Pour lui faire prendre son vin...
II y a en lui Ie plus aimable des cadets de Gascogne et Ie mieux avisé à réussir. Venu tout jeune à Paris, au bon moment des débuts du groupe, iI a commencé, à vingt-trois ans, d'édifier sa fortune sur Ie recueil de ses Amours et aussi sur Ie souvenir respecté de son compatriote, I'aumônier de François IeI', Hugues Salel, dont il a été
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plusieurs années Ie secrétaire. II n 'a pas manqué de joindre à son premier ouvrage les æuvres inédites de son maître, et s'est abrité sous Ie même patronage en publiant ensuite deux livres de la traduction en vers de I'lliode, que Salel a laissés inédits, Dès lors, il a sa notoriété assise, et Jean d'Avanson, chargé d'une ambassade à Rome, est heureux de s'attacher une plume aussi réputée. Le secrétaire Magny trouve à Rome du Bellay installé à demeure, et lit un des premiers les sonnets du recueil des Regrets. Dans Ie même esprit, parfois avec la même réussite verbale, se compose celui des Soupirs, OÙ I'on voit que les deux poètes, vivant dans Ie même milieu, ont échangé des impressions quotidiennes en se communiquant leurs manuscrits. La priorité de publication des Soupirs de IVIagny ne doit pas faire oublier d'où il tient son modèle, et c'est assez pour son honneur qu'ils en fournissent parfois une piquante contre-épreuve. Les Odes, qui furent Ie dernier livre d'Olivier de Magny, Ie montrent, à trente ans, en pleine possession d'un style sûr, d'une forme aisée, sans encombre pédantesque, qui promettraient de grandes æuvres si Ie poète avait quelque idée forte à exprimer. La mort ne lui laissera pas Ie temps de tenter un essai dans lequel il eût sans doute succombé, car rien n'indique que ce cæur léger et cette intelligence toute d'éclat eussent pu donner davantage, T outefois, dans
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ATTESTATIONS E:-I F VEUR DE NICOLAS GOULU: (( Ego, Petrus Ronsardus, afllfmo me au isse publice. legentem grecè Nicolaum Gulonium el dignissimum regia legendl facultale ex.shmare. )) Aux côtés de Ronsard, plusieurs r. oètes : Dorat, Belleau, Baif, onl examiné, de concert aVec les lecteurs royaux. es tilres de cet helléniste, candidat à rune des chaires du Collège de France,