‹ Histoire de la littérature française illustrée v.1Chapitre 251 sur 402 · II. - Prédication, controverse, pamphlets · texte numérisé non relu

II. - Prédication, controverse, pamphlets

En ce temps,la passion politique el religieuse envahit tout, Elle trouble réloquence de la chaire; die fausse la controverse, qui ne cherche plus qu'à fanaliser les Joules pour la lutte; die inspIre d'innombrables pamphlets.

Pour les sermonnaires catholiques, voir les textes recueillis par Migne, Collection des orateurs sacrés, tome I. F;tudes: Charles Labitte, De la démocratie chez les prédicateurs de la Ligue,1865; Gisbert, Histoire critique de la chaire française depuis François IeI' (Revue Bourdaloue, 1902 et 1903); D. Pasquier, Un curé de Paris pendant les guerres de religion: René Benoist, Ie pape des Hailes, 1911.

Du côté protestant, ilfaut citer d'abord Pierre Viret (l511- 1571), Disciple de Lefèvre d' F;taples, il a écrit et prêché à Lausanne, où il Jut minis/re de 1536 à 1558; puis à Genève; enfìn dans diverses vi/les de France où il aséjourné àparlirde 1561. Parmi sesnombreux écrits satiriques, les plus connus :

Ie Monde à l'empire et Ie Monde démoniacle (/561), reprennent en les développant ses Dialogues du désordre qui est à présent au monde (15-15). OÙ il veut établir, à grand renfort de science encyclopédique, que rhumanité va toujours se dépravant, et cela avec la complicilé de r F;glise de Rome. Voir Philippe Godet, Viret, 1896;]. Barnaud, Pierre Viret, sa vie et son æuvre, 19/1.

Théodore de Bèze (/519-1605), après d' excellentes études (il a composé dans sa jeunesse de délicats vers latins, qu'il regrettera plus tard), renonce, à /rente ans, à toute carrière mondaine pour se consacrer au service de Calvin. II exerce son ministère à Lausanne,où il enseigne Ie grec; il remplit pour Genève diverses missions en Allemagne et en France, joue un rôle imp0rlanl dans les ten/alives de conczliation les F;glises de France, et devient Ie chef de r F;glise de Genève aþJès la mort de Calvin (1564). Voir Henry Marlyn Baird, Théodore de Bèze, 1900; A. Picard, Théodore de Bèze, ses idées sur Ie droit d'insurr ction et son rôle pendant les premières gu rr s de religion, 1906.

Sur Ie rôle de Philippe de Mo rna 9, seigneur du Plessis (/549-1623), auteur du Traité de la religion chrétienne (/581),

La Bible a modelé l'âme de ce huguenot à I'image et à la ressemblance de l'âme d'Ézéchiel. Elle lui inspire d'adapter sans cesse les Écritures aux faits de l'histoire contemporaine, d'amplifier à l'infini les moindres de ces faits par une interprétation toute pénétrée de l'esprit biblique. Dans l'imagination d'Agrippa d'Aubigné, les personnages, les sites, les événements de la vie quotidienne deviennent les personnages, les sites, les événements que Ie commerce des Livres saints lui avait rend us familiers, L'Église réformée, c'est Ie peuple d'lsraël; toute province OÙ pénètre Ie calvinisme devient la terre de Chanaan ; la France catho:ique est Ie royaume d'Égypte ; Catherine de Médicis est l'impie }ézabel. Associées à un passé si lointain et si sacré, les pauvres réalités contemporaines se transfigurent. Ces comparaisons et ces images emplissent l'âmt:: du lecteur de la vague et sublime persuasion que I'Église de Dieu est une, que les réformés, qui la pro!ongent jusqu'à nous, sont revêtus de sa majesté, et que, depuis les temps bibliques jusqu'à Henri de Navarre, une même histoire se poursuit, celie des élus et de leur indomp

table énergie, l'histoire dont Ie triomphe du Très-Haut et Ie salut des hommes sont I'ét rnel enJeu. D'Aubigné emprunte aux prophètes cette forme Iyrico-épique si propr à traduire leur exaltation, leurs images brûlant s, leurs alliances imprévues de métaphores familières et de métaphores sublimes, et leur hantise de }éhovah.

Les T ragiques ne parurent que sous Lo is XII I. en 1616, C'était trop tard: les pas:i:ms qu Ie poème traduisait s'étaient, heurcusement, apaisées ou éteintes.

llf '/- G ' ' '- ,1 ". I . \ \.. ;;'.w .

Hi , - -' þ ,

.. \ f ,',ulAIJO"

fr f q:

Page 1