‹ Histoire de la littérature française illustrée v.1Chapitre 272 sur 402 · LA PYRAMIDE DE CESTIUS · texte numérisé non relu

LA PYRAMIDE DE CESTIUS

observer, seront pleins d'enseignements. Ainsi Ie (( Connais-toi toi-même II devient Ie précepte essentiel. Les idées de Montaigne en matière de morale auront une valeur pratique et une valeur universeUe, parce que, dégageant du moi la forme entière de l'humaine nature, elles seront les conclusions de l'expérience.

Montaigne n'a pris une claire conscience de celte dernière conception qu'après 1580; mais en fait eUe inspiredéjà, à des degrésdivers, la plupart des essais quïl composa aU cours de l'année qui précède la première édition de son ouvrage, en IS 79. Dans Ie chapitre Des livres, nous trouvons la peinture de son jugement; dans certaines parties du chapitre De la présomption, OÙ il a dressé un portrait en pied de lui-même, nous trouvons la peinture de ses traits particuliers. Dans Ie chapitre De la ressemblance des enfants aux pères, OÙ il dégage les enseignements que lui suggère sa maladie, ou bien encore dans I'lnstitution des enfants, nous trouvons à la fois la peinture de son jugement, de ses traits particuliers et de son expérience généralisée. Dès ce moment, Ie terme d' (( essai II a pris une signilìcation p!us riche : il n 'a plus Ie sens modeste de coup d'essai, de tentative; ce que 1\10ntaigne no us donne, ce sont les essais de sa vie. Suivons-en Ie cours, qui devient celui même de l'ouvrage, Outre la maladie qui vient de surprendre Montaigne, trois événements tiendront une grande place dans ce troisième livre des Essais qui enrichira l'édition de 1588 : Ie voyage de 1580; I'exercice des fonctions publiques que Montaigne occupera de 1581 à 1585; et les calamités de l'année 1585.

Page 1