SAINT-ONUPHRE
espouvantable machine rapporteroient plus d'honneur et de reverence à sa mémoire : ce n'estait rien que son sepulcre. Le monde, ennemi de sa longue domination, avoit premièrement brisé et fracassé toutes les pièces de ce corps admirable; et parce qu'encore tout mort, ranversé, et dénguré. illui faisoit horreur, iI en avoit enseveli la ruine même. Ces petites montres de sa ruine, qui paressent encores au-dessus de la bière, c'étoit la fortune qui les avait conservées pour Ie tesmoignage de ceUe grandeur inlìnie que tant de siecles, tant de feus,la conjuration du monde réitérée tant de fois à sa ruine n'avoient pu universelemant esteindre. Mais qu'iI était vraisamblable que ces mambres desvisagés qui en restoient, c'étoient les moins dignes; et que la furie des ennemis de ceUe gloire immortelle les avoit portés à ruiner premièremant ce quïl yavoit de plus beau et de plus digne; que les bastiments de ceUe Rome bastarde qu 'on 3.lIoit asteure atachant à ces masures, quoiquïls eussent de quoi ravir en admiration nos siècles présants, lui faisoient resouvenir proprement des nids que les moineaus et les corneilles vont suspandant en France aux voutes et parois des églises que les huguenots viennent d'y démolir. Encore creignoit-i1, à voir I"espace qu'occupe ce tumbeau, qu'on ne Ie reconnut pas tout, et que la sepulture ne fut elle-même pour la pluspart ensevelie... ))