‹ Histoire de la littérature française illustrée v.1Chapitre 308 sur 402 · LIE · texte numérisé non relu

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LA GUIRL.ANDE DE JUL.IE. - Page du manuscr;t du célèbre calligraphe Jarry, enluminée par Robert, et offert en 1641 à Julie d'Angennes p,ar Ie marquis de Montausier, L'original appartient à la duchesse d'Uzès.

doux. Ce sont deux choses cependant que Molière désavouait. l\1ais Ie Trissotin de cette même comédie est l'abbé Cotin, jusque-Ià que Molière fit acheter un de ses habits pour Ie faire porter à celui qui faisait ce personnage dans sa pièce, La scène où Vadius se brouille avec Trissotin s'est passée véritablement chez M, B... Ce fut M. Despréaux qui la donna à Molière. )) Et, quoi qu'il en soit, Ménage ne manque nulle occasion de louer Molière et son génie.

L'on noterait équitablement que Vadiusest moins ridicule,à beaucoup pres, que Trissotin, Dans la nomenclature de ses personnages, Molière désigne son Trissotin comme II bel esprit II, Vadius comme II savant)). Ménage était un philologue, Ses Origines de la langue française, ou dictionnaire étymologique de notre langue, sont un trésor un peu mêlé, un très beau livre cependant, II est facile d'y relever des bévues. Mais enfin, I\lénage a inventé, ou formu'é, de très bonne heure, maintes lois de phonétique, dont quelques-unes ont bien l'air de suffire à I'explication de plusieurs phénomènes de dérivation populaire; car iI a tenu compte de I'efficacité populaire et I'a séparée de la mécanique savante. II a connu, avec plus de justesse que ses contemporains, les écrivains du moyen âge et de la Renaissance, et leur vocabulaire, II a fait prwve d'une intelligence limpide, souvent trop ingénieuse, et d'une érudition surprenante. Les Origines de la langue française lui mériteraient aujourd'hui encore une large renommée, si I'on savait mieux reconnaÎtre que le vrais créateurs de la philologie romane furent des érudits français du XVI e et du XVII(' siècle. II est vrai que Ménage a des torts, II aimait I'érudition, mais ilia trompait. II avait la manie d'être poète. II hésita sans cesse entre les deux futilités, la sérieuse et la plaisante. Deux ans après avoir donné les Origines, il prélude à ses fantaisies par Ie recueil des Miscellanea : une églogue où il est l\'1énalque, une (( Rechute amoureuse II où il tente d'être élégiaque, une farce relative à un pédant ridicule, et puis des galanteries pour les dames, C'est dommage que I'auteur des Origines ait

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