‹ Histoire de la littérature française illustrée v.1Chapitre 311 sur 402 · LA PREPARATION DU CLASSICISME · texte numérisé non relu

LA PREPARATION DU CLASSICISME

frelaté, un art qui supprime la nature et qui n'est plus qu' un jeu stérile.

Peut-être, en commandant de retourner à la nature, font-ils pourtantcequ'ilsn'auraient pas osé faire avant qu'on eût amélioré Ie goût par cette préciosité dont lesinconvénients cachent déplorablemen t les utiles vertus.

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Les irréguliers burlesques et Iibertins

La poésie burlesque, au X V lIe siècle, a eu beaucoup de succès. Elle venait d'l talie; e/le venait aussi de Rabelais. - Paul Scarron, fils d'un conseiller à la Chambre des comptes, puis au Parlement, naquit en 16/0 et, à dix-neuf ans, porta soutane; d'ailleurs, il ne reçut pas les ordres. 11 !ut, dans sa jeunesse, un galantin, joua du luth et dansa. Les rhumatismes Ie c/ouèrent sur sa chaise environ Vers irente ans. Marie de Hautefort J'avait présenté à la reine Anne d'Autriche, qui lui donna Ie titre de II malade de la reine )) et une pension. 11 épousa Mile d'Aubigné en 1652 et mourut en 1660. 11 avait publié en 1643 son premier Recueil de quelques vers burlesques; en 1644, Ie Typhon ou la Cigantomachie; de 1648 à 1652, son Virgile travesti, qu'il a laissé inachevé; plusieurs comédies, dont la plus célèbre est Don Japhet d'Arménie, etc. Le Roman comique (1651) est son chef-d'æuvre. Voir: Scarron et son milieu, par Emile Magne, 1905.

On peut joindre à Scarron, comme poètes burlesques, ou partiellement burlesques, Saint-Amant (1594-1661), C))rano de Bergerac (1619-1655) et principalement d'Assouci (1605-1675), Les libertins ont que/que rapport aVec les burlesques. Du moins, C))rano de Bergerac, auteur du Voyage dans la lune, est aujourd'hui compté parmi les libertins. Mais La Mothe Le Va))er (1588-1672) est un homme tout différent, dont la bonne tenue cache les opinions audacieuses. Gui Patin (1602-1672) est, dans son art de médecine, une sorte de personnage officie/. Et son ami Gabrie/ Naudé a une renommée de parfait érudit (/600-1653). Sur Gui Patin, voir: L. Vuilhorgne, Cui Patin, sa vie, etc., 1898. Ses leUres ont été incomplètement publiées à plusieurs reprises, notamment en 1846, 3 vol., par Révei1lé- Parise. Le premier tome d'une édition complète, par Paul Triaire, a paru en 1907. Sur les libertins, voir les belles publications de M, Frédéric Lachèvre, et notamment son édition des CEuvres libertines de Cyrano de Bergerac, 2 vol., 1920-1921, On doit à M. Lachèvre la connaissance de J'étonnant des Barreaux (1599-1673).

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PAUL SCARRON (8. N., Cabinet des Estampes), - (( Je suis ee poète fameux - En proie à des douleurs eruelles, - Qui seul appris aux Ris, aux Jeux, - L'art de folâtrer avee elles. J)

L'IDÉE qu'on a généralement du grand siècle, une idée guindée. pour ainsi dire, ou, comme eût dit l\lnle de La Fayette, une idée II grimpée )), une idée fausse et qui ne disconvient pas tout à fait à I'extrême fin de cette époque, mais qui ne convient pas du tout à la fin de Louis XIII et au commencement de Louis XIV, cette idée fait que I'on s'étonne de voir Aeurir alors une littérature extravagante, Ie burlesque, II est vrai que survint Boileau, qui établit une hiérarchie des genres et mit au rancart Ie genre burlesque, où iI a pourtant excellé quelquefois.

L'auteur des Goinfres, Saint-Amant, que Boileau supprime, cherche, dans ses poèmes, des arrangements de couleurs étranges et

FRONTISPICE des CEuvre. burlesque. de Scarron (16ó8).

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