‹ Histoire de la littérature française illustrée v.1Chapitre 32 sur 402 · Iì', , ..; ''\! ' }t' r:; ..,. r. .. ' . , I I,' · texte numérisé non relu

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TI:<òTAGEL EN CORNOUAILLE (GRANDE-BRETAGNE). - La légende place en ces lieux la naissance du roi Artur et les amours de Tristan el Iseut,

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tion du Purgatoire de saint Patrice, et aussi Ie dessein qu'elle avait un instant formé d'adapter quelque grande æuvre de I'antiquité classique; elle savait l'anglais, car elle a traduit de I'anglais son recueil de fables, I'/sopet; elle avait enlin une connaissance assez approfondie de la littérature française, surtout de la poésie courtoise. Quelle est I'origine de ses lais ? C'est une autre question obscure. On sait par divers témoignages qu'il a existé en Grande-Bretagne des compositions dénommées lais, que des jongleurs, bretons aussi, colportaient par leur pays et par la France, et qu'ils exécutaient en s'accompagnant d'une sorte de harpe, la rote. I\1ais, sauf qu'elles comportaient à la fois un élément littéraire (Ie mot) et un élément musical (\a note), on n'a pas la moindre idée de ce qu'étaient ces æuvres, Une opinion généralement accréditée veut qu'elles aient fourni la matière de plusieurs des traits légendaires insérés par Gaufrei de l\lonmouth dans son Historia regum Britanniæ; elle veut aussi que ces lais aient été la source de nos plus anciens romans dits I( bretons II I\Iarie de France déclare elle-même que c'est des lais bretons qu'elle a tiré la matière des siens.

I\lais quel rapport y a-t-il des uns aux autres? Quelles transformations Marie a-t-elle fait subir à ses modèles en les adaptant? C'est ce qui, en I'état actuel de notre information, ne peut être déterminé.

Une chose du moins semble sûre :

I\Iarie, qui écrivait au plus tôt vers 1175, a composé ses lais alors que la vogue des II romans bretons )) était déjà un fait ancien. Elle est venue après Chrétien de Troyes; etelle a moins de talent que lui.

s sujets de ses poèmes n'ont pas eu eux-mêmes un grand intérêt dramatique.

En voici quelques-uns, Une dame fait exposer I'une des deux lilies jumelles qui lui naissent : elle est trop heureuse de la retrouver, plus tard, maîtresse du chevalier qui allait épouser la seconde sæur (Ie Frêne). - Tristan exi\é veut faire savo:r à Iseut qu'il est dans son voisinage:

il grave son nom sur une baguette de coudrier qu'il place sur son chemin, et Iseut comprend (Ie Chèvrefeuille), -

Bientôt, grâce à son (( bel mentir )), et surlout à la compassion du roi, Iseut reprendra sa place à la cour, tandis que Tristan partira pour une terre lointaine :

<< Dex ! dist T ristrans, quel departie !... >> II ne nous est parvenu du roman de Béroul qu'un court fragment: Ie reste est perdu; c'est une très grande perte.

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