‹ Histoire de la littérature française illustrée v.1Chapitre 325 sur 402 · LE DIX-SEPTIEME SIECLE · texte numérisé non relu

LE DIX-SEPTIEME SIECLE

en 1663) ou d'authenticité discutable (Discours sur les passions de ramour. découvert par Victor Cousin dans un recueil manuscrit provenant de l'obbaye de Saint-Germain des Prés). Nous en sommes réduits au témoignage de Mme Périer et de Jacque/ine, la première un peu suspecte de jeter un voile sur les égarements de son frère, la seconde poussée par son exaltation janséniste à exagérer ses II désordres I). Pascal s' éloigne progressivement de la religion. se lie aVec de jeunes seigneurs et des libertins. Ie duc de Roannez. Ie chevalier de Méré. Miton. des Barreaux, fréquente des précieuses (Mme de Sablé. la duchesse d'Aiguillon). - Sur Méré. consulter Ie Dictionnaire de Bayle. notes de l'article Zénon. et les savantes études de Ch.-M, Boudhors, dans la Revue d'histoire littéraire de la France (1913 et 1922). La longue discussion sur la question de savoir si Ie Discours sur les passions de I'amour est de Pascal n'est pas close: voir les articles de G. Lanson dans the French Quarterly, janvier-mars 1920; de Victor Giraud. Revue des Deux Mondes. 1 er août 1920; de Petitot. dans la Revue des jeunes de janvier 1921; un appendice ajouté par Fortunat Strowski à la cinquième édition du tome II de Pascal et son temps. et les articles de G. Michaut dans la Revue Bleue de février et de mars 1923,

(( COMME on lui avait interdit toute étude. dit Ie Recueil d' Utrecht (p. 257). il s'était engagé insensiblement à revoir Ie monJe. à jouer et à se dlvertir pour passer Ie temps. Au commencement cela était modéré, mais enfin il se livra tout entier à la vanité, à I'inutilité, au plaisir et à I'amusement, sans se laisser aller cependant à aucun dérèglement. La mort de Monsieur son père ne lui donna que plus de facilité et de moyens pour continuer ce train de vie. )) Le zèle religieux de Pascal commence donc à s'attiédir du vivant de son père, peut-être avec Ie consentement de celui-ci, car f.tienne Pascal ne veut pas autoriser sa fille Jacqueline à se faire religieuse et s'efforce de ramener ses enfants à une vie moins austère. Illes emmène en Auvergne (mai 1649 à juin 1650). Jacqueline persiste à sÏmposer un régime monacal. tandis que Blaise se distrait et s'empresse, s'il faut en croire Fléchier. chez la II Sapho du pays )), Quand leur père meurt. Blaise fait accepter par Jacqueline un singulier arrangement (19 octobre 1651) : elle abandonne sa part d'héritage en échange d'une pension viagère qui cessera de plein droit si jamdis elle entre en religion. Six mois après, Jacqueline annonce à son frère a résolution de se retirer à Port-Royal (Lettre du 7 mars 1652), Blaise et les Périer invoquent la convention. II Sans me dir que je les eusse choqués (par ma réclamation). écrit Jacqueline (t, III. p. 55). ils me traitèrent néanmoins comme rétant beaucoup. )) La mère Agnès la console : II V ous saviez bien que celui qui est Ie plus intéressé en cette affaire est encore trop du monde pour préférer raumône que vous vouliez faire à sa commodité particulière ;... il n'y a pas lieu d'attendre un miracle de grâce en une personne comme lui )) (t. III.

p. 67). Enfin Blaise. touché par la tristesse de sa sæur. consent à la restitution.

et c'est la mère Agnès qui hésite à raccepter : (( Voyez-vous, Monsieur. nous avons appris de M. de Saint-Cyran de ne rien recevoir pour la maison de Dieu qui ne vienne de Dieu. )) Ainsi Port-Royal. à cette époque. désespère de Pascal. On ne lui en veut pas seulement de s'être donr:é au monde, mais de s'y être donné après une conversion, c'est-à-dire d'avoir mésusé de la grâce. d'être relaps. Dans cette rechute, les jansénistes voient un signe certain de réprobation. Mile de Roannez. qui a fait profession à Port-Royal, puis a épousé Ie duc de la Feuillade, est blâmée par Arnauld avec une rigueur impitoyable. Pascal lui-même écrira plus tard : (( Ceux qui quittent Dieu pour retourner au monde ne Ie font que parce quïls trouvent plus de douceur dans les plaisirs de la terre que dans ceux de r union avec Dieu et ce charme victorieux les rend pénitents du diable )) (t. VI. p. 220).

La principale influence qui s' exerce

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