‹ Histoire de la littérature française illustrée v.1Chapitre 345 sur 402 · LE DIX-SEPTIEl\lE SIECLE · texte numérisé non relu

LE DIX-SEPTIEl\lE SIECLE

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FRONTISPICE de I'lnventaire universel des CEuvres de T abarin, 2. édition, 1623.

La Reine d' Ecosse a pour sujet la mort de Marie Stuart, ce qui était assez hardi.. puisque bien des !lens pouvaient se souvenir d'avoir vu quarante ans plus tôt I'infortunée princesse quand elle était reine de France. L'action existe à peine. Le premier acte est un long débat entre fJisabeth et un conseiller qui la presse d'ordonner la mort de Marie Stuart. Le chæur chante Ie bonheur de la vie obscure. Un autre chæur demande Ie supplice de la reine d'f.cosse; f.lisabeth hésite et paraÎt céder, quoiqu'elle soit résolue à n'en rien faire, Le chæur gémit sur Ie néant de la vie et l'inconstance de la fortune, Un ministre apporte la sentence fatale: toute la fin de la pièce est occupée par les adieux de Marie Stuart et Ie récit qu' un messager fait de sa mort. C'est à peine un programme de cantate : mais la poésie coule d'une veine abondante, Le recueil des tragédies de Montchrestien se termine par une pièce en cinq actes et en prose intitulée simplement Bergerie. Nous aurons plus loin I'occasion d'étudier Ie genre, importé d'halie et d'Espagne. Bornons-nous ici à dire que I'aclion se déroule dans une Arcadie où Ie poète a réuni to utes les conditions possibles des amoureux. C' est là que nous voyons pour la première fois I'amant rebuté, I'amant dédaigneux, I'amant volage, et la nymphe orgueilleuse qui dédaigne I'amour; c'est là que nous voyons paraÎtre les quadrilles de rivaux : ce peuple déguisé est au fond plus vrai que les rois de tragédie et les chevaliers errants de tragi-comédie. Le speclateur, qui n 'a jamais pensé être Alexandre ni Saül, en entendant Tircis, se ressouviendra de ses jeunes amours. Nous verrons les thèmes et les héros de la pastorale gagner peu à peu les autres genres; nous les reconnaitrons non seulement dans la tragi-comédie, mais dans la comédie de Corneille et bien plus tard, ennoblis et pathétiques, dans la tragédie de Racine,

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