‹ Histoire de la littérature française illustrée v.1Chapitre 348 sur 402 · DE · texte numérisé non relu

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FRONTISPICE du tome IV des <Euvres de Hardy, 1626.

on est frappé de l'augmentation du mouvement. C'est un va-et-vient continuel entre Ie port de Carthage et Ie palais de la reine. Le progrès est comparable à celui que firent les sculpteurs quand ils délivrèrent les bras et les jambes des statues, Tout n 'est pas nouveau, d'ailleurs, dans ces pièces. Une tragédie comme la Mort de Daire est encore bien près du XVI" siècIe. Le théâtre représente I'un et l'autre camp, celui de Darius et celui d'Alexandre, Le premier acte est plus chargé quïl n'eût été au siècIe précédent, car il contient successivement deux conseils, celui que tient Darius et celui que tient Alexandre. Le second acte est fait des préparatifs du combat, d'abord chez les Perses, où Darius harangue les siens et invoque Ie Solei!, puis chez les I\lacédoniens, où Alexandre, tiré d'un profond sommeil, reçoit un transfuge et explique aux troupes Ie dessein de la bataille. Le troisième acte est occupé chez les Perses par la trahison de deux chefs, Besse et Nabarzane. Pour conserver la symétrie de son ouvrage, Hardy a terminé racte dans Ie camp des Macédoniens par une conversation assez inutile entre Alexandre et ses lieutenants. Au quatrième acte, l'action se complique un peu. Un officier grec au service de la Perse avertit Darius de la trahison qui se pré;:>are et l'engage à se réfugier parmi les soldats grecs. I\Iais Darius choisit de mourir. Cette résignation au destin, ce dédain de la vie annoncent les sentiments de quelques-uns des derniers héros de Corneiile. Les deux traitres viennent l'implorer en montrant un repentir qui, chez run d'eux au moins, est feint. Le roi, sans être dupe, pardonne avec une cIémence désabusée, L'auteur nous transporte, comme il a fait aux autres actes, dans Ie camp d'Alexandre et un nouveau transfuge vient avertir Ie i\lacédonien que Darius est trahi, garrotté, tué peut-être, L'heure est donc venue de donner l'assaut. A la dernière scène, nous repassons dans Ie camp des Perses et nous voyons les deux traitres, Besse et Nabarzane, saisir Ie roi. L'événement, comme dans la tragédie du siècIe précédent, se passe durant I'entr acte, et au début du cinquième acte, nous sommes dans un lieu désert où Darius, blessé, vient mourir, On apporte son corps à Alexandre, qui permet des funérailles solennelles, et la pièce se termine par les plaintes Iyriques de la mère de Darius. L'art de Hardy, encore raide dans la tragédie, est singulièrement plus vif et plus souple dans la tragi-comédie, II y apporte de plus un élément nouveau et de grande conséquence : J'imitation des chefs-d'æuvre, alors tout récents, du théâtre espagnol. Chacun des cinq volumes du théâtre de Hardy (Ie si"ième étant formé par I'Hisloire élhiopique) s'achève par une pastorale.

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